A propos de la manière dont les israélien(ne)s séduisent (version masculine)

Yoram

YORAM SALAMON


Pour toi qui vit en Israël depuis 2 jours, 6 mois ou 10 ans, tu auras compris immédiatement que certaines choses ici se vivent diamétralement à l’opposée de tout ce que tu as pu déjà connaître dans ton ancienne vie en France.

Parmi ces choses : l’amour

Oui l’amour, de quelque nature qu’il soit : le grand, le petit, celui d’un soir, celui d’une vie, le sexe, la drague, les one shots, les déperditions, les flirts, les passions… toutes ces choses qui sont l’amour ou tournent autour de l’amour.

Rootsisrael a decidé d’enquêter de manière approfondie (sans mauvais jeu de mot) par une série de plusieurs articles qui s’articuleront sur des thématiques aussi diverses que : Tinder, le Shidouh, le mariage, les dates, les pick-ups bar, la prostitution, la religion, la sexualité sous toutes ses formes…

Pour ce faire plusieurs des membres de l’équipe ont décidé de partager non seulement leur expérience, mais de partir à la recherche de témoignages, d’anecdotes, de live , de rencontres, pour nous aider à comprendre ce qu’est l’amour en Israël.

Ah oui…chaque thème sera abordé par la vision d’une femme, et d’un homme…

 


 

Pour aborder notre premier article, j’ai jugé bon de commencer par la « séduction » et des visions radicalement différentes des pratiques en la matière entre les 2 cultures (française et israélienne).
Evidemment on ne peut rapporter à toute une population une seule façon d’être. Chaque individu cultive ses propres mœurs et habitudes, mais des tendances générales se dessinent et elles permettent de comprendre comment fonctionnent les israéliens par rapport aux français ou au reste du monde.

Pour comprendre la séduction israélienne, il faut d’abord comprendre la française (ou l’européenne) . 

En France ou en Europe, la tradition romantique a donné à l’amour toutes sortes de formes, de protocoles, de rituels qui subsistent encore très fortement aujourd’hui.
Par exemple : devancer la femme pour lui offrir un siège lorsqu’elle arrive dans un endroit, lui ouvrir la porte avant qu’elle n’ait à le faire, l’inviter au restaurant avant tout préalable et quand on dit inviter, on veut dire l’amener au restaurant et ne pas lui laisser payer l’addition.

En France, bien que les mœurs aient évolué vers des formes beaucoup plus libérales, voire plus sauvages parfois, les us veulent encore que le processus de séduction se formalise par une approche pas à pas de la femme.

En France on apprend à se connaître.

On prend un café, ou un verre. Et puis éventuellement si les choses prennent on continue par le restaurant ou l’invitation pour encore apprendre à mieux se connaître.

C’est seulement après un délai de temps passé à manger ensemble et si le garçon a su se tenir au table et manger proprement, que l’ on se quitte gentillement et qu’éventuellement le garçon propose de revoir la fille.

Parfois le garçon, je dis bien le garçon tente d’embrasser la jeune (ou pas) fille qui selon son niveau non seulement de désir, mais aussi de « convenance » répondra ou pas à son baiser.

Parfois aussi le garçon se contentera de la manière la plus convenante possible de faire la bise à la fille qui lui dira qu’elle a passé une très bonne soirée en sa compagnie, signal pour l’homme qu’il peut éventuellement lui proposer de réitérer.

Une fois que les deux se sont séparés, un rituel de notre époque va s’installer, et migrer la séduction vers des conversations virtuelles (facebook, whatsup, sms…) qui vont transporter la séduction vers des lieux plus fantasmatiques. Le garçon dira éventuellement qu’il serait bien resté encore un peu plus avec la fille, voire qu’il lui aurait peut-être même volé un baiser, ce à quoi la fille répondra peut-être qu’elle aussi, mais que cela n’aurait pas été raisonnable.

Bref, le rituel peut encore durer quelques jours, voire quelques semaines, ce qui implique de la part du garçon un investissement financier qui témoignera à la belle sa réelle envie de s’impliquer dans quelque chose de sérieux, et qu’elle se donne la permission d’abandonner ses lèvres au gentil damoiseau.

Attention une fois le baiser passé, quelques règles bien ancrées encore dans notre société sont d’usage.

  • Jamais le premier soir
  • Voire le deuxième
  • Les actes sexuels peuvent être souvent progressifs dans la mesure où la pénétration constitue l’acte ultime d’abandon de la belle à l’homme

Bref, tu l’auras compris, les choses de l’amour se construisent peu à peu, jusqu’à ce que la séduction ayant joué son rôle confirme l’homme et la femme dans leur volonté de vivre ensemble une histoire qui pourra les mener à des années de collaboration commune, voire dans une entreprise familiale avec toutes les emmerdes qui vont en découler …
  


 

Maintenant prends la logique française et fous là à la poubelle.
Nous allons aborder la séduction à l’israélienne.

L’israélien est pragmatique, vrai, direct (tahless comme on dit en hébreu). Il ne passe pas par 4 chemins pour dire ce qu’il pense ou ce qu’il fait, et contrairement en France où la forme permet d’enrober les paroles et les actes afin d’en atténuer parfois la portée, l’israélien s’en fout .
Il dit ce qu’il pense, que ça te plaise ou non.

Bref retiens qu’ici la forme n’existe pas ou quasiment pas. Donc la politesse non plus. On la juge inutile, voire dans certains cas hypocrite

Maintenant que tu sais ça, tu vas pouvoir comprendre qu’en amour les israéliens fonctionnent de la même façon. 

En gros, la séduction n’existe pas, ou en tout cas pas comme nous l’entendons nous.
N’existe pas non plus la frontière entre hommes ou femmes au niveau des intentions de séduction.
Ici un homme comme une femme peut te séduire sans que cela ne choque qui que ce soit, ci ce n’est un homme français .

Encore une fois nous ne pouvons faire d’une tendance une généralité, mais elle se rencontre de manière très prononcée dans toutes les couches de la societé israélienne (excepté tu l’auras compris chez les religieux, mais ça c’est un autre article…)

Ici la phase de séduction si elle existe se matérialise par des actes très réptiliens.
Le regard engage la volonté du mâle ou de la femelle d’entamer la conversation.

Une fois le verrouillage effectué le mâle ou la femme fait le premier pas et la conversation s’engage.

La conversation se fera souvent autour de plusieurs verres d’alcool qui ameneront les 2 à s’essayer très vite aux choses de l’amour, souvent le soir même.

A retenir, en Israël on teste, et après on séduit.

Explications : 
Une fois passée la nuit ensemble, qui encore une fois viendra très vite histoire de ne pas perdre trop de temps concernant les vérifications d’usage, l’israélien et l’israélienne décideront de se revoir pour cette fois s’inviter à passer un moment ensemble : restaurant, promenade, tiyoul…

Donc tu as compris ? ici on baise et après on parle. Ca change n’est ce pas ?

D’ailleurs il n’est pas rare que la jeune demoiselle propose de te ramener chez elle sans que cela ne choque personne, et avant même que tu lui aies proposé de la ramener chez toi, ce qui t’arranges, parce que chez toi  c’est le bordel, et pas très bien nettoyé.

Tu peux appliquer cette formule à toutes les formes de rencontres.

Par Tinder ou autre applications ou sites de rencontre.
Sur Tinder là aussi on est pragmatique (article à venir). On se parle, on passe sur Facebook très vite non pas pour devenir ami, mais pour vérifier que tu ressembles bien aux 4 meilleurs photos que tu as mis de toi sur l’application. On chatte un peu, et puis la jeune femme te donne son numéro de téléphone assez rapidement pour entendre ta voix. Déterminant la voix.

Une fois passé le moment, on décide de prendre un verre ensemble.

3 fois sur 4 à la fin des verres, non pas un sinon cela signifie l’échec, la jeune femme te prend par le bras, et t’embrasse si tu ne l’as pas fait toi.

Pour la suite, tu reprends ce qui a été dit avant, et tu fais un copier/coller.

 


Synthèse :

Chez les Français : on séduit, on apprend à se connaître, on voit si l’on est compatible, et après seulement on passe au lit.
Chez les Israéliens : on se verrouille, on passe au lit, on apprend à se connaître et après seulement on voit si l’on est compatible.


 

A suivre : j’ai fait un shidouh


 

Yoram

Yoram

Hum...un jour comme ça j'ai regardé ce qui se passait sur le net, ce qu'on y disait sur Israël. Ce que j'ai vu ne m'a pas plu. Alors j'ai fait quelque chose qui m'a plu : Rootsisrael
Yoram

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