A propros des derniers jours d’un monde pas très très gay

Simon Kinskinaty

SIMON KINSKINATY

« Aime ton prochain comme toi même ». Un des slogans les plus vieux du monde.

En général dès qu’on commence à le dire trop fort on se prend des coups. Même que parfois le coup est si fort, qu’on n’a plus trop la possibilité de tendre l’autre joue.

Faut pas avoir fait une école de commerce pour comprendre que dans ce monde l’amour n’est pas très rentable. Les armes rapportent plus que les préservatifs et bien souvent, protègent moins. Nous en avons eu la démonstration ces dernières semaines. Que la « Gay Pride » semble loin déjà !

Mais que reste t-il de nos amours ? Un arc-en-ciel taché de sang.

Première fausse note le jour même avec Rav Sitruk dont les propos nous ont rappelé des heures plus sombres que l’orifice préféré de la communauté homosexuelle.
La Torah ne condamne pas l’amour entre deux hommes. Elle qualifie néanmoins la sodomie entre deux hommes comme étant une « abomination ».
Le mot est peut être un peu sévère mais d’un autre coté, qu’elle soit homo ou hétéro, la sodomie est rarement racontée dans le genre « poètes disparus ». Mais passons, on ne demande pas aux rabbins la vaseline, c’est péché.

La semaine suivante, un nouvel attentat frappe Tel Aviv. La partie suit son cours :
« Allah Akbar » : 400 – « Aime ton prochain comme toi même » – 0. Le match est probablement truqué. Je n’ai jamais été un élève studieux au Talmud Coran, mais il me semble que pendant le Ramadan (et même en dehors), commettre un attentat, « c’est haram » !

Mais Tel Aviv n’a pas le temps de pleurer ses morts que se déclenche une nouvelle tragédie à Orlando, en Floride.
De nature cynique, je serais tenté de faire de nombreux jeux de mots à l’occasion de cette fusillade dans une boite de nuit LGBTQ, mais par compassion pour mon prochain, je vais me retenir. Ce sinistre évènement réunit un tireur se revendiquant de l’Etat Islamique, la communauté homosexuelle et un lieu festif dans une ville touristique majeure, comme si les dernières actualités avaient convergé pour former un ouragan de haine.
Encore un vent mauvais qui rapproche un peu plus Donald Trump de la Maison Blanche.
D’ailleurs entre le bougnoule et les pédés, Trump ne sait plus où donner de la haine, alors il préfère donner de l’amour… Aux armes. 

« Aime ton prochain comme toi même » ! Pas comme ta belle mère ou le chien des voisins, comme toi même j’ai dit !
Parce que là, ça manque cruellement d’amour. Entre les islamo-faschistes, les homophobes religieux et les racistes pleins d’oseilles, les mots me manquent pour exprimer mon désarroi.

Je me contenterai donc de répéter comme on l’a répété avant moi : « Monde de merde. ».


– Allo, Moshé ? Comment vas tu ? Ah ici en Israël il fait beau c’est une merveille !
Vraiment c
’est dommage que Dieu te refuse l’Aliyah. Oui j’ai vu ce qui c’était passé. C’est malheureux vraiment.
Oui Mosh
é, je suis au courant pour les commandements.
Oui Mosh
é. je sais, c’était Shavouot hein, je connais l’histoire, le don de la Torah, tout ça… Qu’est-ce que tu veux que je te dise !
Tu crois qu
’ils y connaissent quelque chose à la Torah en Floride ? Peut être à Boca Raton, et encore !
Bon allez on se rappelle d
’accord ? Tu m’angoisses à me parler que de malheurs !
J
’ai une chouchouka sur le feu je te laisse.
Derni
ère chose ! J’ai eu Hollande au téléphone, il aimerait que tu mettes fin aux 10 plaies de France puisque personne ne retient ton peuple là bas. Allez, la bise fr
érot.

Simon Kinskinaty

Simon Kinskinaty

À Paris, il se disait journaliste, scénariste, parolier. C'était un paria ; un vagabond à Pigalle, un pirate à Saint-Germain ; Un spleenard à temps partiel ; un fêtard en CDI ; Amoureux nocturne ; parisien transie ; les racines sont françaises, l'arbre sera israélien.
Simon Kinskinaty

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