La polémique ashkénaze

Rootsisrael a décidé de s’attarder sur ce qui ressemble de loin beaucoup plus à une légende urbaine qu’à une réalité : « les communautés oubliées d’Israël ». Un dossier spécial que nous lançons aujourd’hui, et qui continuera au fil des mois sur le site : zoom, clin d’œil sur des communautés parsemées et disséminées aux 4 coins de la planète, mais se réclamant à chaque fois du judaïsme ou des descendants des tribus d’Israël. Certaines de ces communautés ont été reconnues par Israël, d’autres se battent pour que ce soit le cas, afin le plus souvent de pouvoir bénéficier de la « Loi du Retour », et fuir leur pays dans lequel ils sont souvent persécutés.


La plupart des informations que l’on a sur les khazars provient de sources arabes, hébraïques, arméniennes, byzantines et slaves.  L’histoire des Khazars présente un exemple fascinant d’une vie juive florissante au moyen âge, à une époque où les juifs étaient persécutés dans toute l’Europe chrétienne.


 

Origines des Khazars

A l’origine, les Khazars (כוזרים en hébreu) n’étaient pas des « Sémites »,  mais une nation asiatique, de type mongoloïde. Peuple semi-nomade turc d’Asie centrale,  leur existence est attestée entre le 6e et le 8e siècle après J.-C. Le nom Khazar semble dériver d’un mot turc signifiant « errant », « nomade » .

Nation très belliqueuse, les Khazars furent finalement chassés de l’Asie par les peuples avec lesquels ils étaient continuellement en guerre, et ils envahirent l’Europe orientale afin d’échapper à de plus amples défaites chez eux. Au 6e siècle les Khazars s’établirent en Ciscaucasie aux abords de la mer Caspienne; En une période relativement courte, les Khazars établirent le plus grand et le plus puissant royaume d’Europe, et probablement le plus riche.. À leur apogée, les Khazars contrôlaient un vaste territoire qui pourrait correspondre à ce que sont aujourd’hui le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental, l’Ukraine orientale, la Crimée, l’est des Carpates, le nord de l’Ouzbékistan, ainsi que plusieurs autres régions de Transcaucasie telles l’Azerbaïdjan et la Géorgie.

D’autres groupes comme les sabirs et les Bulgares se placèrent sous leur
juridiction pendant le 7° siècle. Ils avaient un fort pouvoir sur d’autres tribus au 9° siècle, contrôlant des slaves, des hongrois, des Huns. pour cette raison la mer Caspienne fut nommée la Mer Khazar et même aujourd’hui, les Azeri, les Turcs, les perses et d’autres langues arabes désignent la mer caspienne par ce terme.

Ils jouaient un rôle important dans les affaires de l’Europe, fonctionnant comme médiateurs entre les musulmans et les chrétiens. Ils empéchèrent l’Islam de s’étendre de façon significative au nord des montagnes du Caucase, par la voie d’une série de guerres qui eurent lieu à la fin du 7° siècle et au début du 8° siècle.

La grande ville de Kiev, fut fondée par les khazars; Kiev est un nom turc (KUI=rive et EV=emplacement).


La conversion des Khazars au judaïsme

Les Khazars étaient des païens, lorsqu’ils envahirent l’Europe orientale. Leur pratique religieuse était un mélange du culte phallique, et d’autres formes de cultes idolâtriques pratiqués en Asie par les nations païennes. De tels cultes se sont maintenus en Khazarie jusqu’au 7e siècle.

Les excès sexuels que pratiquaient les Khazars pour « célébrer » leurs cultes religieux les amenèrent à un degré de dégénérescence morale que leur roi ne pouvait plus tolérer.

Au VIIe siècle, le roi Bulan décida d’abolir la pratique du culte phallique, ainsi que
celle des autres cultes idolâtriques, et choisit l’une des trois religions monothéistes ( qu’il connaissait très peu ), pour religion d’état. Après avoir fait venir des représentants des trois religions monothéistes, le roi Bulan rejeta le christianisme et l’islam, et choisit comme future religion d’état le  judaïsme ».

Les rois Khazars invitèrent un grand nombre de rabbins pour ouvrir des synagogues et des écoles, afin d’instruire la population à la nouvelle religion. Le judaïsme était devenu la religion d’état.

Après la conversion du roi Bulan, seul un « juif »  pouvait monter sur le trône ; le royaume Khazar devient une théocratie : les autorités religieuses étaient les mêmes que les autorités civiles. Les rabbins imposèrent l’enseignement du Talmud aux populations comme la seule règle de vie possible. L’idéologie du Talmud devint la source de toutes les attitudes politiques, culturelles, économiques et sociales, d’un bout à l’autre du royaume Khazar.  Le peuple était instruit dans la Bible, la Mishna, et le Talmud. Pour écrire, les Khazars utilisaient les lettres de l’alphabet hébreu, (…) mais la langue Khazare prédominait (…).

 Le professeur ukrainien Pritsak estime qu’il devait y avoir 30 000 juifs khazars au 10° siècle. Mais la judaïsation des Khazars ne s’étendit qu’à une portion de la population, chrétienne, musulmane et même païenne . Toute la question est celle de l’étendue de cette portion, 20 %, 40 %, 80 % ? Certains auteurs, affirment que la judaïsation était quasi complète.


Le déclin de l’empire

Subissant d’abord les assauts des slaves dont ils avaient été les protecteurs, ce sont les russes qui finalement portèrent un coup fatal à l’empire Khazar  à la fin du 10e siècle . Un État indépendant subsista encore durant quelques décennies jusqu’au début du 11e siècle. Certains Khazars rejoignirent alors les communautés juives byzantines, d’autres la Hongrie, et d’autres la Pologne.

Le problème du devenir des habitants de la Khazarie et de leurs descendants après la chute du royaume a donné lieu à la théorie  selon laquelle  théorie les juifs de l’Europe de l’Est en seraient issus. Certains chercheurs estiment que les communautés ashkénazes d’Europe orientale sont le fruit de la rencontre entre les Khazars et les émigrants juifs de Rhénanie.

Des centaines d’années après son effondrement, nombre de récits et hypothèses continuent à alimenter l’épopée de ce peuple. Néanmoins, un empire florissant qui vécut du VIIe au XIIIe siècle ne peut disparaître totalement sans laisser de traces.

 


 

Controverse et problématique Khazars-Ashkénazes

Il a été proposé par différents auteurs, dont Arthur Koestler, que les Juifs d’Europe de l’Est provenaient de la « treizième tribu, » celles des Khazars.

Cette thèse développée par Koestler en 1976 avait déjà fait l’objet de nombreuses recherches et inspiré beaucoup d’historiens.

Aujourd’hui certains historiens juifs (Paul Wexler, Shlomo Sand…) considèrent cette origine comme quasi-certaine.

Cette thèse a bien évidemment alimenté un discours antisioniste, en visant l’idéologie sioniste politique dans ses bases, puisqu’elle remet en cause l’origine « palestinienne » du peuple juif. Elle sert aujourd’hui à alimenter une polémique récupérée sous couvert d’antisionisme par de nombreux courants antisémites de tout horizon idéologie et politique.Il n’y a qu’à taper Khazar sur le net pour voir se succéder nombre d’écrits douteux et limites.

Koestler, sioniste convaincu, avait à l’époque prévu ces réactions, et avait déclaré que, pour lui, la thèse de la double origine des Juifs ne mettait pas en cause la légitimité de l’Etat d’Israël, qui fut reconnu par les Nations-Unies en 1947 car « ce droit à l’existence n’est pas fondé sur les origines hypothétiques des juifs ni sur l’alliance mythologique entre Abraham et Dieu mais sur la législation internationale ».

De manière plus scientifique et avérée, des études génétiques ont montré que les chromosomes d’une proportion fortement significative de Juifs ashkénazes diffèrent de ceux des populations européennes parmi lesquelles ils ont résidé, et sont en revanche partagés par des populations du Moyen-Orient.  De plus la recherche révèle que seulement 5% des Juifs ashkénazes ont des chromosomes Y de l’haplotype « Q », fréquent dans les peuplades asiatiques, dont les Khazars. Ces études tendraient donc de toute évidence à considérer la théorie de Koesthler comme fausse.

Lors d’une conférence en 2003 de l’Association of Orthodox Jewish scientists, plusieurs scientifiques ont répondu très clairement à la question de savoir si les Juifs « formaient une famille » et partagaient tous la même version d’un ou plusieurs gènes :

Il n’existe pas de séquences d’ADN communes à tous les Juifs et absentes chez tous les non-Juifs. Il n’y a rien dans le génome humain qui puisse déterminer qu’une personne est juive ou non.


Sources :

www.akadem.org

http://harissa.com/

http://www.khazaria.com/

http://far-maroc.forumpro.fr/

http://lebloglaquestion.wordpress.com/


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