Sarah Dray
SARAH DRAY

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Cher Israël,

D’abord avant de commencer avec les sujets qui fâchent, je voulais te dire que tu me manques.
Tes rues et tes plages me manquent et ta vibrante démocratie me manque aussi….
Que tout le monde donne haut et fort son avis, finalement ce n’est pas plus mal, et ça permet des débats instructifs et parfois même, constructifs.

 

Mais comment te dire …. Depuis ces résultats j’ai la gueule de bois alors que je n’ai pas bu.
J’ai une boule dans la gorge alors que dans ma vie personnelle tout va plutôt bien.
En fait, je suis révoltée parce que c’est toujours la même chose….
Je sais que tes habitants veulent profondément la paix et vivre en toute sécurité auprès de leurs voisins mais, s’ils réaffirment le second par les urnes, leur éternel premier ministre n’enverra jamais le premier message au monde.
Bibi ne représente la paix dans les yeux de personne.

 

Alors quel message on envoie au monde ? Au monde du BTP, plutôt un bon message quand on continue à construire sur des terres qui ne sont plus tout à fait à nous… mais sinon ?
Certainement pas l’image d’une Nation qui veut faire le premier pas pour la paix. Et pourtant, aucuns résultats aux élections ne pourront me faire penser le contraire. Je sais qu’une majorité de tes citoyens la désirent plus que tout cette paix. Mais Bibi en est-il vraiment le meilleur porte-parole ? Sérieusement ?


D’ici, en France, je sais que je ne peux rien dire, que sans Tehouda Zeout je n’ai pas cette légitimité, qu’il ne faudrait même pas que je prenne les choses tant à cœur et pourtant….


Je ne sais pas si blâmer ton système électoral m’aidera à me sentir mieux, je ne sais pas d’ailleurs si un scrutin majoritaire changerait forcement quelque chose.
Et pourtant…. Pourtant 75% de tes électeurs n’ont pas voté pour toi et c’est avec toi qu’ils se lèveront, déjeuneront, dineront et se coucheront pendant les 4 prochaines années (selon les organisateurs, 2 selon la police).

 

Dans un pays où tout le monde demande à corps et à cri plus de social et un meilleur pouvoir d’achat, c’est celui qui n’a pas apporté de solutions concrètes qui va de nouveau se retrouver à la tête du pays. Avec d’autres alliés me direz-vous, mais cela changera-t-il concrètement les choses ?

 

Depuis mardi soir, mon mur Facebook et mes amis israéliens sont partagés : il y a ceux qui savourent une victoire particulière (avec le parti arabe troisième force du pays, ça doit leur gâcher un peu la fête quand même, les connaissant) et il y a ceux qui, comme moi, sont groggy et se posent de nombreuses questions sur l’avenir du pays, sur leur avenir.

 

A ceux-là j’ai envie de dire que c’est le jeu de la démocratie mais qu’il ne faut pas baisser les bras, qu’un jour, un grand leader du camp de la paix pointera le bout de son nez et saura négocier une paix juste et durable. Mais l’autre grande question c’est avec qui ?

 

Au camp d’en face, j’ai aussi envie d’adresser un message : « vous aussi, ce leader voulant la paix, cherchez le et élisez le, car je sais que vous aussi, la paix, vous êtes une majorité à la souhaiter plus que tout. »

D’ici, en Europe, en France, même si le message peut sembler trop optimiste ou angélique, on y croit… ou au moins, on a envie d’y croire !

Yom tov Israel & Kol touv

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