La cérémonie (presque posthume) des Oscars de la politique israélienne

Hillel Portugais

HILLEL PORTUGAIS

Bonjour (ou bonsoir) à la première édition des Oscars de la politique israélienne !
Ici, mesdames, mesdemoiselles (oui, je suis sexiste !) et messieurs, seront présentés ces Israéliens qui n’en font qu’à leur tête, ces houtzpanim d’une vie ! Ce sont des personnes que nous connaissons tous (enfin ça dépend de la taille de votre nez). Les chichis et bonnes manières à la porte, nous encourageons présentement l’insolence et l’humanisme. N’ayez crainte de parler, les hypocrites sont aux Européens ce que la liberté d’expression est aux Israéliens.
Puisque lors de ce festival vous serez amenés à voter, laissez vos idées toutes faites derrière vous.
Et oui, nous les aimons comme nous les détestons je vous présente : David Ben Gourion, Golda Meïr, Ytzhak Rabin, Shimon Peres, Ariel Sharon et Binyamin Netanyahou ! Ce sont nos grosses têtes préférées et oui bien que vous allez devoir voter, laissez-moi vous présenter chacun d’entre eux ainsi la catégorie dans laquelle ils sont nominés !


Nominés au « qui fera le pipi le plus loin » j’appelle David Ben Gourion et Ytzhak Rabin !

David Ben Gourion, membre fondateur de la Haganah (cette milice juive lors du mandat britannique qui vendait les membres de l’Irgoun et du Lehi par la même occasion) fut l’un des créateurs de l’Etat Hébreu (dire « juif » aurait remué le couteau dans la plaie en 1947), et par la même occasion premier Premier Ministre d’Israël.
Rêvant d’un Israël superpuissant, digne des grandes puissances, il est sans nul doute le personnage le plus important du sionisme après Herzl (vous savez celui qui proposa que les juifs devaient s’installer en Ouganda). Faisant preuve d’une vision du futur réaliste, il dit « Quand Israël sera mature, Israël sera un pays exactement comme les autres » (ce qui se prouve en cette même heure avec la crise touchant l’état israélien). Donnant sa vie à la construction de ce pays, il était tout de même un fervent partisan des kibboutz et de Marx !


Ytzhak Rabin fut lui un membre du Palmah, général de Tsahal ainsi qu’un fin stratège militaire (d’où le fait qu’il n’ait pas eu de gilet par balle le jour de sa mort). Il mena une grande politique de tolérance (après avoir fait quasiment toutes les guerres d’Israël) et son premier mandat en tant que Premier Ministre a été marqué par le raid d’Entebbe (ce qui lui assura une carte de visite mondiale face aux services secrets de chaque pays). Précurseur des Accords d’Oslo en 1993 (et de son suicide politique), il divisa Israël ainsi que le parti politique Likoud sur la question. Personnage mystique qui dégage une aura bizarre épicé d’un charme militaire il nous assurait : « Il faut combattre le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations. Et négocier comme s’il n’y avait pas de terrorisme. »

 


Seconde catégorie marqué par « qui a les plus grosses couilles » je nomme Golda Meïr et Shimon Peres !

Golda Meïr fut la véritable « Dame de Fer » (bien avant que Thatcher lui vole la vedette), c’était également l’une des fondatrices d’Israël et comme disait David Ben Gourion, « le seul homme de son gouvernement » (vu sa tête en même temps je peux comprendre). Elle, qui donna tout pour son pays, plusieurs fois ministre (vous pensez que c’est son mari qui s’occupait de la maison ?) ainsi qu’ambassadeur d’Israël en URSS et certainement la plus grande défendresse de l’état hébreu. Malheureusement, la mémoire collective ne retient que son échec face à la menace de Kippour 73 (oui oui, elle n’a pas écouté le Mossad, que voulez-vous ?) qu’elle remporta néanmoins avec l’aide de Moshé Dayan. Et d’un ton ironique elle annonça : « Nous préférons vos condamnations à vos condoléances » (il faudrait peut-être rappeler à l’ONU ces paroles d’ailleurs).


Shimon Peres, dernier fondateur d’Israël encore en vie, sa réputation aussi ancienne que lui (et oui ses rides commencent à se voir). Ses débuts en politique souvent controversés par le fait qu’il n’ait pas assuré son service militaire (ne vous inquiétez pas, il a su s’en défaire avec les bons contacts). Il reste cependant l’une des figures les plus emblématiques d’Israël (c’est vrai qu’il a de l’expérience). N’ayant PAS fait de son pays, la sixième puissance atomique mondiale (comment dire …) et malgré cela, il a voué sa vie au culte de la paix (puisqu’il n’a pas fait d’Israël une puissance atomique). Au niveau international, ce fut un bon représentant de son pays (quand il s’agissait de faire des concessions quoi) et à la mort de son ami et collègue Ytzhak Rabin il déclare : « Vous pouvez tuer mille personnes, vous pouvez abréger une vie mais vous ne pouvez tuer une idée ».


 

Dans la dernière catégorie « qui a fait la plus grosse connerie » sont annoncés Ariel Sharon et Binyamin Netanyahou !

Ariel Sharon ou Lion de Sion comme l’ont surnommé plus d’un, fut certainement l’un des meilleurs commandants de l’armée israélienne. Son mandat de Premier Ministre fut éclaboussé par la Seconde Intifada après sa montée sur le Mont du Temple (nous savons que ce n’est pas pour cela, mais faut bien donner la version officielle), les Accords Camp David ou encore Goush Katish (cela nous montre bien que c’est un personnage haut en couleurs, vous ne trouvez pas ?). Il n’en reste pas moins l’un des sauveurs de la Guerre de l’Indépendance, des Six Jours ou encore de Kippour. Sa ténacité fut prouvée à mainte reprise même si la population fut en désaccord avec ses idées. Il est toutefois égal à lui-même quand il dit « Nous ne rentrons pas tant que la mission n’est pas terminée ».


Binyamin « Bibi » Netanyahou quant à lui fut le plus jeune Premier Ministre d’Israël (et certainement celui qui a eu le plus de démêlés avec les journalistes), bien reconnaissable par son tempérament explosif ce qui a permis à son pays de faire plusieurs opérations contre Gaza (et donc pas mal de morts). Considéré comme le dernier homme politique et militaire du pays son charisme cache les éclats de corruptions dans lequel il fut si souvent mêlé (et dont les sanctions ne sont jamais prononcées) et qui ne fait qu’entaché chacun de ses mandats. Sa poigne est bien prouvée par ses dires « La paix est obtenue par la force. Non pas par la faiblesse ou un retrait unilatéral ». Il reste tout de même d’une carrure à toute épreuve et d’un charisme sans pareil qui permet d’appuyer ses idées sur la scène internationale.


J’espère que vous avez bien réfléchi si vous avez la chance de posséder un cerveau, parce que les choix ne sont pas si simples que cela, je vous l’accorde. Pour donner vos cordes vocales, il suffit de composer le numéro qui s’affiche en bas de votre écran, et bien entendu surtaxé à 89 sh/seconde. Le Festival de la Datte vous souhaite de passer une excellente soirée en présence de vos prostitués préférées en n’oubliant pas que chacun de nos candidats reste bien entendu digne dans la vie ou dans la mort. Le prix du Dattier quant à lui sera rendu d’ici une semaine, nous espérons bien sûr revoir vos yeux vides de tout espoir très bientôt. En vous embrassant fort.

 

Hillel Portugais

Hillel Portugais

Cohabitant avec mes mille et une facettes, j'arpente les pays imaginaire de ma plume satirique. De Paris à Tel Aviv, les lignes de ma vie se sont formées entre orient de mon sang chaud à l'occident de ma tête froide, le tout emballé aux odeurs du Marais des Grands Boulevard et de Nordau. Guerre et Paix peut laisser sa place à présent au Chaos.
Hillel Portugais

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