Elsa

Israel Tavor

ISRAEL TAVOR


« C’est pas vrai! ».

J’ai du le crier 3 ou 4 fois en voyant qu’elle faisait partie des victimes.

Je me souviens la dernière fois que j’ai croisé Elsa. 

Totalement par hasard dans le 10eme arrondissement justement, c’était lors d’un voyage que je faisais pour le boulot depuis Israël… c’était peut être même le dernier voyage en France, y’a 3 ans. Je n’y suis pas retourné depuis.

Elle était maquillée alors que, dans mes souvenirs, ça ne lui arrivait que rarement. 

Elle avait un petit garçon, on a parlé ensemble de nos enfants en marchant, aussi de ma vie en Israël, de nos rêves et de nos envies.

Elle m’a laissé au coin de la rue, elle avait un rendez-vous, et moi aussi, et j’avais été heureux de cette rencontre imprévue.

Elle fait partie de ces personnes que l’on croise dans sa vie et qui vous marquent.

Je me souvenais qu’elle avait plein de projets, que je voyais parfois se concrétiser au fil de ses statuts sur Facebook, elle jouait du violoncelle, était engagée pour les autres, dans l’art, les assoc’… 

Rarement une personne n’avait fait autant l’unanimité autour d’ elle.

Chacun se souvient de son sourire, de ses moments de folie, de joie.

D’ici je voyais les photos des soirées et des fêtes dont elle était, vivante, heureuse.

Elle avait 35 ans.

Nous avions travaillé ensemble.


Quel cliché de dire ça, mais vraiment, s’il y’avait bien une personne qui ne méritait pas… 

Une partie de sa famille était chilienne et avait fui la dictature de Pinochet… Putain, quelle triste ironie de l’Histoire. 

C’est aussi cette histoire familiale qui l’avait rendue aussi sensible à toutes les injustices. Pour elle, ce n’était pas un simple engagement, ne pas se lever était inconcevable.

On devait se parler une à deux fois par an sur Facebook. C’était presque un running gag où je commençais par un « je viens de prendre de tes nouvelles comme une fois par an ». 

Dans nos échanges, elle me parlait de son fils « super dégourdi » pour brancher les enceintes sur l’ordi et pour jouer de la batterie, et j’avais fini en lui racontant une blague pourrie dont j’ai le secret qui avait du vaguement l’amuser. 

Elle faisait partie de ma liste de gens à revoir impérativement lors de mon prochain passage à Paris, avec Aurélie, Eric, Alban, Guy, Kabir, Paul, Noémie, Djamel, et tant d’autres. Elle n’en sera pas.

Quelle merde.

Le 12 novembre, sur son Facebook, elle mettait un statut sur sa joie d’aller à ce concert au Bataclan… 

Sous une photo d’elle j’ai écrit « Elle était a des millions d’années lumière de toute violence » .

Elle a du penser à son fils Louis à ce moment…

Hier je regardais une vidéo de Michel Jonasz, parlant des 6 millions de morts, dont son grand père Abraham, racontait que le nombre de morts ne donne pas l’idée d’un drame, mais qu’il faut raconter un par un qui ils étaient… 

Bah voilà, vous aurez juste appris un peu qui était Elsa…

Israel Tavor

Israel Tavor

Né entre l'Europe et l'Amérique, juste au milieu de l'Asie, Israel Tavor sort diplômé de neuro-physique quantique à l'Université du MIT à Harvard. Parti soigner des enfants malades en Afrique au Vietnam, il retire de cette expérience de vie un livre,qui deviendra un best seller, La Bible. Sentant l'appel du Moyen Orient, Israel Tavor vient s'y installer, qui, grâce à sa seule présence, est connu dans le monde entier sous le nom de "Terre Sainte". En son honneur, le pays a voté à l'unanimité un changement de nom afin de s'appeler comme lui. C'est à la fois sa sagesse et son savoir qu'il a décidé de partager avec nous... Merci à toi.
Israel Tavor

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