En septembre 2001, il était aux Etats-Unis à New York

Noya

NOYA

Un peu spécial, il est célibataire (mais n’a ni le visage pâle ni les cheveux en arrière), c’est comme ça. Il est un peu gros, surtout quand on le compare aux autres. Très gros et très grand, même. Mais il est ainsi et ceux qui le connaissent savent que ce que certains considèrent comme un handicap est en fait une grande qualité, signe d’empathie, de sensibilité et de gentillesse.

Il a vécu de nombreuses années en France mais il a énormément voyagé au cours des dernières décennies.
Pas de problème de surpoids, il voyage sans bagage.

En septembre 2001, il était aux Etats-Unis à New York.

En mars 2003, il était en Espagne à Madrid.

En juillet 2005, il était à Londres au Royaume-Uni.

De manière régulière, il se rendait en Israël. Pour cette destination-là, il avait même une carte spéciale car il s’y trouvait souvent, très souvent, trop souvent. Si souvent qu’un jour, il a décidé de s’y installer définitivement.

En janvier 2015, il était tout de même à Paris,  en France. Puis il est parti vivre en Israël. Il sentait que, là où il était maintenant, il avait sa place et que personne n’avait besoin de lui à Paris.

Et pourtant, en novembre 2015, sans crier gare, alors qu’il prévoyait un énième voyage dans une ville d’un pays en guerre, il a dû se rendre en catastrophe à Paris. Inquiet pour des gens qui lui étaient chers, gonflé par une inquiétude sourde et catastrophé par des attaques d’une violence inimaginable. Il s’est dépêché de rejoindre la France et y est encore en ce moment.

Que peut-il faire à part être là, en guise de soutien, de solidarité et d’aide ? Il n’est ni médecin, ni juge, ni policier. Encore moins chirurgien ou diplomate. Il n’a aucune autorité. Il ne peut pas faire de miracles, il ne peut pas ramener à la vie ceux qui sont partis, il ne peut rien changer, il est juste là pour montrer qu’il comprend, qu’il a mal et qu’il voudrait, lui aussi, que toutes ces choses ne se soient jamais produites. Il est là, c’est tout ce qu’il sait faire.

Souvent serré, parfois gros et toujours lourd, il se remplit de tristesse, de peine et de chagrin. Il voyage sans prendre l’avion, il est avec tous ceux qui pleurent et qui souffrent, il ressent tant de choses.
Mon cœur est un grand voyageur.

Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
Noya

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