Nissim
Nissim Sellam

Parlons franchement, Rosh Hachana est un moment particulièrement gênant pour nous les Juifs.

Rosh hachana c’est le moment du tournage où le Grand Réalisateur dit «Coupez!», pendant ce temps, nous les Acteurs on va se regarder dans le moniteur en demandant «J’étais bien?», tout en sachant qu’on n’était pas forcement au top, qu’on aurait pu faire mieux à tous les niveaux, alors forcément c’est gênant.

Rosh hachana c’est le moment où l’on regarde les scènes de notre vie, avec du recul et on se rend compte que parfois au lieu d’être acteur de notre propre vie on en a juste été de pâles figurants,  ou que l’on n’ avait pas les bonnes répliques, et l’on se dit que l’année prochaine on fera mieux. Et afin de changer ça… on prend des bonnes résolutions.

Rosh hachana c’est le moment de l’année où tout le monde s’aime. Pire que s’aimer, les gens se demandent «Méhila» (pardon) entre eux .

Quand j’etais petit, je demandais à mon Rav «Rav, pourquoi on demande pardon?» et il me disait quelque chose que j’aimerais vous faire partager.

Il m’expliquait que l’une des choses les plus importantes dans la vie est la relation que l’on a avec son prochain. Il disait que cette relation est au moins aussi importante que celle que l’on a avec Dieu lui-même. C’est la raison pour laquelle on demande pardon, parce qu’il n’est jamais trop tard pour réparer certaines choses encore vis à vis de l’Autre.

Le problème chers lecteurs, c’est qu’en écrivant cet article, et en repensant au film de mon année, je me rends compte que moi aussi j’ai des choses à me faire pardonner, pas beaucoup, mais il ne serait pas honnête de continuer à écrire si moi-même je ne demandais pas pardon à certaines personnes que j’ai pu blesser.

Vous ne m’en voudrez pas si je vous prends à témoin pour le faire?

Je prend votre silence pour un Oui.

Pas besoin de donner des noms ils se reconnaîtront :

– À toi, mon frère. J’aurai tant aimé pouvoir te dire certaines choses, mais je n’ai pas pu, et je m’en veux. Je te demande pardon…
– À ceux sans qui je n’existerais pas. Je vous demande pardon…

– À toi, la plus humaine de nous tous. Je te demande pardon si j’ai pu te blesser sans faire exprès…
– À toi, le créa qui fait du Picasso 🙂 je veux que tu saches que c’est en partie pour écrire ces lignes là que j’écris cet article. Le fond était sincère, mais je te demande pardon pour la forme maladroite et blessante…

C’est pas facile, et heureusement que c’est qu’une seule fois par an, profitez!

Maintenant c’est à votre tour chers lecteurs. À la rédaction nous sommes sûrs qu’il y a des personnes à qui vous voudriez demander pardon, alors n’hésitez pas à tout nous raconter, promis ça restera entre nous!

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