R.S
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Retourner à Gaza?

En reprenant ses attaques sur Israël, le Hamas ne souhaite qu’une chose: une riposte de Tsahal. 

Chers lecteurs, vous connaissez bien les stratégies djihadistes; celle du bouclier humain, sœur de l’attentat suicide, cousine de l’animal piégé, lui-même gendre de l’engin explosif improvisé, et de la famille des enfants enrôlés pour la guerre.

Il devient donc évident, ipso facto, que la riposte israélienne causera des dommages et des pertes civils. 

C’est bien ce que veut le Hamas.

«Ouais, ok, mais ça, on le sait déjà…», pensez-vous. Je vous entends.

D’un autre côté, Israël se doit de réagir. Accepter qu’un ennemi, ne combattant que pour éradiquer votre peuple, puisse balancer sur votre territoire des dizaines de missiles par jour au petit bonheur la chance, n’est même pas une option pour un pays souverain.

«Faut re-rentrer à Gaza, et cette fois, terminer le travail…»; je vous ai dit que je vous entendais.

Je suppose que ce «terminer le travail» dont il est question, fait référence à l’idée de «liquider le Hamas», ou tout du moins à celle de «briser son emprise sur Gaza». Le souci, c’est qu’aux dernières nouvelles, le Hamas a encore la majorité des Gazaouis de son côté (source Aroutz 2 – le 19/08/2014 par Israel Hason, membre de la Knesset et ancien vice-directeur du Chabak) et son influence ne cesse de s’étendre en Judée-Samarie. Ce qui implique qu’on ne pourra se concentrer sur Gaza uniquement, d’une part, et d’autre part, que combattre le Hamas à Gaza afin qu’il perde le pouvoir, requerrait non seulement une totale collaboration avec le Fatah, ce qui est loin d’être envisageable sérieusement, mais aussi, et surtout, de combattre la majorité de la population gazaouie, ce qui est impossible.

J’espère que quand j’entends «ben, y a qu’à les foutre en Egypte!», il s’agit d’un lecteur qui lit un article sur un autre site.

Parce que vous, vous savez que l’Egypte n’ouvrira pas ses frontières, et que si Israël  déportait, plus rien ni personne ne s’opposerait à ce que l’on déporte à nouveau Israël. 

«Bon, alors une grosse opération en force, pour au moins détruire tous leurs stocks d’armes». Ce serait envisageable, mais seulement si elle a lieu si les tirs ne cesseront pas d’ici Rosh Hashana. Oui, je sais, c’est dur. Je m’explique.

Retourner à Gaza dans les prochaines semaines conduira l’ONU, dont on connaît les penchants et l’obsession, à imposer un cessez-le-feu. Que ce soit les Etats-Unis, l’UE, la Russie, ou tous ensemble, ils forceront Israël à accepter une trêve à la condition que Gaza ait un port et un aéroport. Ces infrastructures seront certainement financées par le Qatar, et achètera la paix pour les occidentaux pour trois ans au mieux. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont acquis à cette solution d’ores et déjà qui, pour une fois, ne leur coûtera pratiquement rien. 

Mais cela signifiera qu’Israël fera alors face à des dangers bien plus grands que les dizaines de missiles quotidiens actuels.

Vous l’avez compris, la priorité stratégique pour Israël, vis-à-vis d’une bande de Gaza sous la férule islamiste, est d’éviter la construction d’un port et d’un aéroport. Un Etat islamiste doit être enclavé, et sur ce point là, nous avons le soutien des Egyptiens.

Le plus grave danger, dans l’immédiat, c’est l’impact économique que ce type de situation va générer. Il est impératif que le gouvernement prenne des mesures en matière fiscale, notamment en faveur des ménages pauvres et des classes moyennes basses, voire de certaines petites entreprises. Cela leur permettra de préserver une certaine marge de manœuvre pour l’ensemble de la société israélienne en cette matière. Si la situation perdure, le secteur bancaire israélien devrait être contraint de participer à l’effort nécessaire.

Militairement, dans le cas où le pilonnage de Tsahal par la mer, les airs et l’artillerie ne suffiraient pas à calmer l’ardeur du Hamas à se repaître du sang de son peuple, il sera beaucoup plus justifiable devant les nations de mener une campagne terrestre assez longue, afin de préserver les civils pendant les fêtes juives et ainsi réduire drastiquement la capacité de nuisance du Hamas et autre Djihad Islamique. 

Ainsi, Israël se retirera sans subir aucune condition de port, d’aéroport, ni même «cent balles et un mars».

Cependant, même là, chers lecteurs, il serait illusoire de croire que tous les tunnels seront détruits et qu’aucun ne sera plus jamais construit, que plus une roquette ne sera lancée de Gaza, bref, que le Hamas sera vaincu définitivement.

Tant que les motivations et les objectifs des Palestiniens sous le contrôle des islamistes seront d’ordre irrationnel, les Palestiniens seront condamnés à en subir les conséquences. Tant que les Palestiniens ne comprendront pas cela dans leur majorité, Israël, seule, ne pourra pas régler ce problème.

«Alors, il n’y a pas de solution…». C’est compliqué, comme on dit en langage facebook. 

Il est évident qu’Israël n’est pas du tout aujourd’hui dans une position géostratégique qui lui permettrait, seule, de trouver une issue au conflit, dont les enjeux dépassent largement le seul cadre israélo-palestinien.

C’est pour cela qu’il faut se dire que nous sommes arrivés à la fin d’une époque unique dans l’Histoire. Une période très courte de progrès et de sécurité sans précédent ces 2000 dernières années. Particulièrement pour les Juifs.

Cette époque est révolue; l’extermination des Juifs est redevenue une priorité dans certains agendas, et ce, avec la technologie actuelle…

Et c’est à ce point, qu’il faut se souvenir de la signification originelle du sionisme politique.

Le sionisme chez Herzl part du constat qu’il est impossible pour les Juifs de vaincre cette maladie mentale qui pousse des gens à avoir besoin de les exterminer. La seule possibilité de survie pour notre peuple est donc de posséder un Etat qui puisse le défendre. Rapidement, les premiers sionistes ont ajouté à cette conclusion de Herzl, que le seul endroit où il serait légitime d’établir cet Etat est sur la terre d’Israël. 

Quand on prend conscience de la chance énorme que nous avons eu à connaître la période qui s’achève, il faut aussi se rappeler des conditions de vie de tous nos ancêtres ces deux mille dernières années afin de nous rendre pleinement compte à quel point, malgré tout, encore dans cette nouvelle ère inconnue qui s’est ouverte devant l’humanité, le peuple d’Israël n’a jamais eu autant les moyens d’assurer seul sa survie et son épanouissement. 

Continuons à le faire avec intelligence.

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