L’histoire a tendance à considérer la relation largement cordiale entre les Afro-Américains et les Juifs comme terminée depuis 1991 à Crown Heights 1 (quartier de Brooklyn). Mais  2013 a témoigné du contraire, et le Hip-Hop a su réunir à nouveau les Juifs et les Blacks américains.
Certains des plus gros tubes du Rap de 2013 ont été enregistrés par des artistes juifs : Drake , Mac Miller et Action Bronson pour ne citer qu’eux . 2013 a également vu un grand nombre de juifs mentionnés par le milieu . En Août , une compilation vidéo YouTube  qui a fait le buzz , montre des rappeurs:  Kanye West , Cam’ron , Killer Mike , Gucci Mane et Jay- Z remercier leurs avocats juifs dans une chanson.

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Mieux encore, sur le dernier album de Rick Ross ” The Black Bar Mitzvah . ” une énorme étoile de David bling-bling orne la cover.

 

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Une relation uniquement d’ordre financier ?

La réponse est non. Des exemples comme Rick Rubin , Lyor Cohen , les Beastie Boys , et Matisyahu en sont la preuve. Il semble que le Hip-Hop a toujours eu une place extrêmement importante dans le coeur des juifs. Plusieurs points communs témoignent de leur  grande proximité culturelle, historique, et sociale. En voici quelques uns :
  • La prière juive est comparable au Hip-Hop si on compare le débit des mots chantés à haute vitesse.
  • D’autre part, Larry David (humouriste, scénariste et réalisateur américain) a fait remarquer la ressemblance entre le suffixe ” – izzle “et la construction du Yiddish.

– Izzle : suffixe argotique que l’on ajoute à la première lettre d’un mot pour donner à celui-ci un style Hip-Hop
ex : My nizzle, what you shizzle?

  • Sarah Silverman (actrice, humoriste, productrice et compositrice américaine ), quant à elle remarque que ” Yo! ”  doit son influence  à l’origine de ” Oy ! ”  . 
  • Et puis dans cet univers, il est fréquent de chanter sur « Sion». Les rastas le font déjà depuis longtemps en évoquant  ” yeah “, ” jah ” et ” hey “, rappelant les noms sacrés de Dieu en hébreu .
  • Est-on en droit même de se demander si le Hip-Hop ne tirerait pas ses origines de la Kabbale ? Cela peut sembler un peu tiré par les cheveux, mais regardez d’un peu plus près la couverture du dernier album succès Ab-Soul’s  « ILLuminate », qui comporte le plan sacré de l’Arbre kabbalistique de la vie…Il semble donc qu’il y ait un vrai lien entre la mystique juive et les références utilisées par les artistes du Hip-Hop.

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  • Et puis, surtout, l’évidence est là : une grande partie de la foi juive est enracinée dans la reconnaissance de Dieu, et le thème de l’esclavage. Des thèmes clairement chers aussi pour les chanteurs rap afros-américains (pas qu’afro-américains d’ailleurs…)
  • De nombreux titres tournent autour des thématiques de l’argent. Une véritable fascination dont on détecte clairement le fondement : l’argent est vu comme la seule possibilité de survivre. En quelques sortes, on assiste à une récupération du mécanisme de survie vers lequel s’est tournée la minorité juive il y a déjà quelques siècles.
  • Le rappeur Seattle (ex-gangsta D. Black) converti au judaïsme , a changé son nom pour Nissim , et cette année, a publié ” Les plaies ” où Il tisse le récit d’un survivant de l’Holocauste et d’un esclave noir …
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Sources  & Crédits : Gon Ben Ari ( écrivain israélien ) qui vit actuellement à Brooklyn – dans Forward

 1 Des émeutes à caractère racial ont eu lieu en 1991 à Crown Heights, dans le quartier de Brooklyn, à New York. Elles ont abouti à la mort d’un étudiant juif et sont considérées comme « l’un des plus graves incidents antisémites dans l’histoire des États-Unis. ». À cette époque, la population du quartier était composée d’environ 180 000 américains originaires des Caraïbes ou d’Afrique, de Caribéens, et d’une minorité d’environ 20 000 Juifs (soit environ 11 % de la population), principalement des Loubavitchs. La communauté juive considère ces émeutes comme un pogrom.

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