Le film disparu d’Hitchcock sur les camps de concentration refait surface 68 ans plus tard

C’est un fait peu connu, mais qui refait surface aujourd’hui…et certainement que le climat délétère qui règne en Europe n’y est pas pour rien.

En 1945,  Sidney Bernstein demande à Alfred Hitchcock de l’aider sur la réalisation d’un documentaire relatant les atrocités de guerre nazies. Le documentaire sera monté sur la base des images des camps prises par les unités de films britanniques et soviétiques. 

Cependant, et jusqu’à aujourd’hui ce documentaire n’a jamais été vu.

Pour quelle raison ?

Si lors de la découverte des camps, Américains et Britanniques étaient prêts à sortir ce film très rapidement, la donne a changé entre-temps. La réalisation du film a pris du temps, assez pour que« sa nécessité » commence à décliner. A la fin de 1945, le gouvernement militaire allié commençait sérieusement à penser que noyer les Allemands dans leur propre culpabilité n’aiderait pas à la reconstruction d’après-guerre.

Cinq des six bobines du film ont finalement été déposées au Musée impérial de la guerre et le projet a été totalement oublié.

Ce n’est que dans les années 1980, que le film est découvert dans une boîte rouillée dans le musée par un chercheur américain. Il est montré dans une version incomplète au Festival de Berlin en 1984, puis diffusé sur le réseau de télévision américain PBS en 1985 sous le titre « Mémoire des camps », en mauvaise qualité, réinterprété, coupé, et sans la sixième bobine manquante. Cette mauvaise version n’a aucun impact, et le film tombe à nouveau dans l’oubli…

Il aura fallu encore attendre plus de 30 ans  pour que celui-ci ressuscite une nouvelle fois, mais à présent dans la version fidèle qu’Hitchcock avait réalisée. L’Imperial War Museum l’a soigneusement restauré à l’aide de la technologie numérique et a l’a rassemblé avec la sixième bobine manquante. Il sera diffusé sur la télévision britannique au début 2015 pour marquer le 70e anniversaire de la «Libération» de l’Europe, avant d’être présenté dans les festivals et au cinéma.

La décision de faire « ressusciter »  le film n’a pas été facile et a provoqué un débat plein d’angoisse, où se mêlent enthousiasme et méfiance. Notamment sur l’association et la compatibilité de deux styles cinématographiques : le documentaire d’une part, et la la « touch » Hitcockienne, avec son goût prononcé pour la mise en scène, le suspense et l’épouvante. Il ressort un sentiment désagréable et absurdement réducteur de voir un documentaire sur les atrocités nazies tourné comme un film à la sauce Hitchcock

Et pourtant…d’après le public encore très restreint et confidentiel qui a pu voir le film, celui-ci ne ressemble à aucun des autres documentaires sur les camps. Hitchcock aurait réalisé un film immensément puissant et émouvant. Il comprend des séquences inédites et vraiment choquantes des camps. On pensait avoir vu le pire avec « Nacht und Nebel », et pourtant…

Deux projections tests ont déjà eu lieu auprès d’experts et d’historiens qui en sont sortis extrêmement troublés ». L’une des remarques ordinaires mentionnées à plusieurs reprises : « ce film est à la fois terrible et brillant en même temps « . D’autres utilisent des termes encore plus marqués : « bouleversant et dérangeant ».

Rendez-vous début 2015 pour nous faire notre propre avis sur la question

 


Sources : The Independant / GEOFFREY MACNAB  : http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/features/alfred-hitchcocks-unseen-holocaust-documentary-to-be-screened-9044945.html

Sandrine

Sandrine

GPS humain de petites perles au potentiel atomique. Mon boulot? Les renifler, les recruter, et les pousser à émoustiller votre cerveau et à vous arracher des sourires made in (roots)Israel!
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