Kit de survie de l’Olé Hadash: démarches administratives

30°, un soleil de plomb qui brille dans le ciel, une humidité à en faire pâlir plus d’un, le drapeau d’Israël qui flotte dans l’air, et quelques mots à l’arrivée de mon vol à l’aéroport Ben Gurion : « beroukhim habaim lé Israël ».

Le décor est planté. Je viens de faire mon alya, j’ai des étoiles plein les yeux (quelques larmes aussi) et des rêves plein la tête.

Un moment d’émotion qui dure quelques minutes… et s’arrête net, dès ma rencontre avec Boris, représentant du ministère de l’intégration en Israël, qui doit me guider dans les premières démarches liées à mon alya.

J’ai bien dit « premières » démarches, oui, car, soyons clairs, une foule de formalités administratives attend l’Olé Hadash à son arrivée.

On met donc au placard ses envies de farniente, de cafés ensoleillés, de sorties jusqu’à pas d’heure, de trempettes dans une eau à 28° (parce que ça, on le fait en vacances), et on s’attèle à la tâche de sa nouvelle vie, celle que l’on a choisie.

Et il faut bien dire que la rencontre avec Boris donne le ton.

Planté avant le contrôle des passeports, il tient une pancarte avec mon nom (wouah, comme dans les films, j’ai toujours rêvé de vivre ça !), un air un tantinet désabusé et fatigué, et « m’accueille » sans un mot.

Je lui parle dans un anglais à la mode française (autrement dit avec un accent à couper au couteau et ponctué d’une faute tous les trois mots), et me la joue israélienne en essayant de placer les quelques expressions que je connais (je vous rassure, l’accent et les fautes sont aussi de mise).

Boris, impassible, ne réagit pas à mes efforts surhumains et s’acquitte d’un vague « ken », me faisant comprendre par un jeu de regard qu’on attend encore quelques olim hadashim avant de commencer notre aventure palpitante.

Tout le monde arrive enfin : un père et ses deux fils, argentins d’origine et complètement high à l’idée d’avoir enfin fait leur alya, alors qu’ils n’avaient encore jamais posé le pied en Israël ; un français un peu gêné et glacial à la fois ; et une italienne que j’envisage déjà comme ma future meilleure amie.

La dream-team réunie, on se dirige tous gentiment vers l’antenne du misrad haklita (le ministère de l’intégration) de l’aéroport, Boris en tête de file, toujours aussi heureux d’accomplir sa mission.

Je découvre alors les autres employés du misrad haklita et il faut bien avouer que, finalement, Boris était plutôt sympathique.

On attend plusieurs dizaines de minutes pour passer chacun son tour devant un conseiller qui remplira notre dossier et officialisera notre arrivée en terre sainte.

Mon tour arrive. Je me retrouve en face d’une femme d’origine russe (la soixantaine et aimable comme une porte de prison), je tente de refaire mon numéro de la polyglotte (c’est un échec total), et finis pas me résigner à (essayer de) répondre simplement à ses questions.

Mais voilà elle me demande de choisir ma caisse d’assurance maladie, Maccabi, Leumit, Meuhedet, Clalit, ma at bokheret ? Je suis un peu perdue, je ne comprends rien à ce qu’elle raconte, je cherche de l’aide dans les yeux de mes compagnons de galère, mais on en est tous au même point.

J’abdique et choisis au hasard Maccabi. Ça sonne familier et ça me plait. La suite, on verra bien…

 

Les réjouissances continuent ensuite car l’épisode Boris est le premier d’une longue série.

Pour éviter à d’autres de se retrouver dans ce genre de situations, déconvenues et décontenancement, j’ai donc décidé de constituer le kit de survie de l’Olé Hadash fraîchement débarqué baaretz, une petite bible d’informations contenant : les droits qui nous sont attribués (car il y a quand même bien des avantages), les démarches que l’on a à réaliser, et le tout dans l’ordre chronologique !

 

Voici donc, étape par étape, le programme des festivités :

Arrivée à l’aéroport Ben Gurion :

Vous serez réceptionné par un employé du ministère de l’intégration (Boris pour les intimes) qui vous accompagnera jusqu’au contrôle des passeports, et vous emmènera jusqu’au terminal du Ministère de l’Intégration (Misrad Haklitah), afin d’amorcer votre processus d’intégration.
Là-bas, vous recevrez :

  • Une carte d’identité. Afin de l’obtenir, pensez à vous munir de votre passeport, 4 photos d’identité, l’original de votre certificat de judaïcité ou ketouba, un exemplaire de votre casier judiciaire, et de votre acte d’état civil certifié par un tampon apostille.
  • Votre Teoudat Olé (Carte d’Immigrant).
    Celle-ci est nécessaire pour toute demande d’aide accordée au nouvel immigrant.
    Attention : il est important de vérifier l’exactitude des données inscrites sur les différents documents officiels que vous recevrez. En effet, ces documents serviront de base à vos documents officiels ultérieurs.
  • Le Panier d’intégration (Sal Klita), qui comprend :
    • Une somme d’argent liquide (le montant varie en fonction de l’âge, de la composition de la famille, du nombre d’enfants), qui correspond au premier versement du Panier d’Intégration. Nous vous conseillons de choyer cette somme et de la réserver à d’éventuels imprévus plutôt qu’à des dépenses ménagères (qui devraient être déjà budgétées…).
    • Une « autorisation de virement » bancaire donnant droit à votre Sal Klita. Celui-ci sera viré tous les mois sur votre compte bancaire (le montant varie selon le statut du nouvel arrivant).
      Afin d’encaisser les virements mensuels, il s’agira donc d’ouvrir, par la suite, un compte bancaire israélien.
  • « Un imprimé de prise en charge pour l’assurance médicale (Koupat Holim) », accordée gratuitement aux Olim Hadashim pendant les 6 premiers mois de leur Alyah.
    Cet imprimé devra par la suite être validé par l’intermédiaire d’un bureau de poste. Il sera question de sélectionner la Koupat Holim de votre choix. Nous vous conseillons de choisir une Koupat Holim proche de chez vous.
    Il est cependant aussi possible de choisir votre Koupat Holim depuis les bureaux du Ministère de l’Intégration à l’aéroport Ben Gurion, au moment de votre alya.
  • Un « bon pour transport gratuit » de l’aéroport vers votre lieu de résidence.

Une fois récupérés ces différents éléments, l’aventure israélienne commence.

 

Démarches post-arrivée

Dès le lendemain de votre arrivée, je vous conseille vivement de commencer immédiatement les différentes démarches (on a déjà dit que les vacances ce sera pour plus tard).
Dans l’ordre chronologique, la liste des tâches à effectuer est la suivante :

  • Validation de l’imprimé Koupat Holim auprès d’un bureau de poste (vous devez au préalable choisir une Koupat Holim).
    Les horaires des bureaux de poste varient d’un bureau alors à l’autre.
  • Recherche d’un bien immobilier (si besoin).
  • Rendez-vous au Misrad Hapnim (Ministère de l’Intérieur) pour :
    • Faire votre demande de Teoudat Maavar (passeport temporaire). Celle-ci aura une validité de 2 ans et vous sera nécessaire pour sortir du territoire israélien. Cependant, pendant les 6 premiers mois de votre alya, il vous est possible est possible de sortir du territoire avec votre passeport français seulement (en présentant le tampon qui y a été apposé à votre arrivée). La Teoudat Maavar devient obligatoire après 6 mois d’alya.
      Pour éviter de vous retrouver dans une situation d’urgence au bout de 6 mois, nous vous conseillons de faire votre demande de Teoudat Maavar dès votre arrivée.
      L’édition de ce passeport coûte 280 NIS.
      Au bout de deux ans (fin de validité de la Teoudat Maavar), vous devrez faire votre demande de passeport régulier.
  • Ouvrir un compte bancaire
  • Inscription à une Caisse d’Assurance Maladie
  • Rendez-vous au Misrad Haklita (Ministère de l’Intégration) de votre ville pour rencontrer votre conseiller.
    Munissez-vous de vos nouvelles coordonnées bancaires pour activer les versements mensuels du Sal Klitah.
    Le rendez-vous sera aussi l’occasion de vous inscrire à l’oulpan et d’obtenir des renseignements pour toutes informations et démarches complémentaires.
  • Inscription à l’Oulpan d’Hébreu. Pour ce faire, rendez-vous à l’oulpan choisi, muni de l’imprimé remis par le Misrad Haklitah.
  • Scolarisation des enfants / recherche de Baby Sitter
  • Si vous êtes étudiant, consultez l’Office des Etudiants (Minhal Hastoudentim), procédez le cas échéant à la reconnaissance de vos diplômes
  • Inscription pour l’équivalence du permis de conduire. L’obtention du permis de conduire israélien est indispensable pour bénéficier des avantages liés à la voiture. Par ailleurs, si vous circulez en Israël avec votre permis de conduire étranger, celui-ci ne sera valable qu’un an.
  • Pour plus d’informations sur l’équivalence du permis de conduire, cliquez ici.

 

2 ans après votre arrivée

  • Rendez-vous au Misrad Hapnim pour faire votre demande de passeport régulier.

 

Une fois réalisées toutes ces démarches, vous serez sur les rails pour profiter pleinement de la vie israélienne, tout en bénéficiant des droits de l’Olé Hadash, qui lui sont accordés pendant 10 ans !

…Et dire que personne ne m’avait prévenue que j’allais autant m’amuser dès mon arrivée… 

 

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