« LA » musique israélienne n’existe pas

Oriane

ORIANE

Une musique aussi compliquée et belle qu’Israël…

Pour commencer, peut-être devrait-on parler DES musiques israéliennes, plus que de LA musique. Parce qu’en effet, cette musique est le reflet de sa société : elle est riche, dense, colorée, hétéroclite et contrastée, parfois kitch mais souvent ethnique, on y trouve tous les rythmes. On passe de sonorités pop à électro, reggae à jazzy, rock à mizrahi, klezmer à orientale… En fait, la musique israélienne ressemble aux Israéliens : elle est complexe mais unique en son genre. La musique israélienne est inspirée de l’origine si multiple et diverse des israéliens eux-mêmes. On y retrouve les racines ashkénaze, mais aussi maghrébine, yéménite, éthiopienne, parfois même américaine… Pourtant, malgré la diversité qui anime la musique israélienne, on y retrouve un fil rouge qui la guide…

 

Les coups de cœur par style

A la naissance de l’Etat hébreu, la musique israélienne est traditionnelle : c’est la musique des kibbutzim aux influences yiddish et klezmer. La musique Klezmer est internationalement reconnue, avant d’être israélienne, c’est surtout une musique juive très riche et appréciée.

 

La musique la plus populaire en Israël demeure la « mizrahi » (bien que ce ne soit pas la meilleure à mon goût). Le numéro 1 de la mizrahi est le grand Eyal Golan, on a également El Kahlaoui Tounsi. Peer Tassi n’est plutôt pas mal dans son genre non plus, il y a Moshe Peres mais surtout l’inratable Omer Adam, le roi du tube de l’été. Chez les femmes, Sarit Haddad est indétrônable. On pourrait éventuellement classer ici Shlomi Shabat  qui fait office de vieux patriarche bien que sa musique soit moins bruyante que les autres. De plus ces dernières années, le Revivo project s’est illustré comme une des figures de la musique Mizrahi. Mais pourtant, si on devait revenir à la base de ce genre musical, c’est Achat Argov qui a lancé cette dynamique en Israël. Enfin, pour finir sur une ambiance bar-mitsva, il nous reste Lior Narkis, chanteur mizrahi israélien par excellence.

 

Ensuite, dans une catégorie que j’appellerais « les essentiels », je classerais : David Broza, Shlomo Artzi, Yehudit Ravitz, Yoni Rechter, Meir Ariel, Shalom Hanoch… Bien que tous différents, ce sont ces grands classiques, musiciens et chanteurs, qui ont bercé les israéliens. Les textes de ces chansons sont poétiques, harmonieux, délicats. Les mélodies douces et recherchées. Pour n’en nommer qu’un, Eli Mohar fait partie de ces écrivains israéliens à qui l’on doit des textes de Yoni Rechter, un poète israélien des temps modernes.

 

Maintenant dans une catégorie plutôt « world music » :

Les israéliens sont très doués dans ce style. On compte de nombreux groupes ou artistes : parmi les plus appréciés Idan Raichel évidemment et Mosh Ben Ari.

 

Bien que difficilement classable, je mettrais Bint El Funk dans cette musique du monde tant elle est riche et trouve son inspiration un peu partout sur cette planète. Bint El funk est un groupe de Jérusalem qui oscille entre un style funk, oriental et yéménite. A la création du groupe, la chanteuse a voulu revisiter son propre héritage culturel, mais ne savait où mettre la tête tant son héritage était riche. En est sorti Bint El Funk, ce groupe hors du commun mais pourtant si incroyable à écouter, leur musique, c’est par ici !

 

Un autre groupe que je classerai dans la world music israélienne bien que pourtant inclassable, c’est Habanot Nehama. C’est la rencontre de trois merveilleuses voix féminines qui chantent à la fois en hébreu et en anglais, accompagnées par une ou deux guitares. Leur musique est simple, mais leurs textes poétiques et les mélodies envoutantes !

 

Nous avons aussi les fameux Balkan Beat Box ! C’est un groupe d’israéliens formé à New York, l’histoire d’une rencontre musicale qui s’inspire de musiques traditionnelles israéliennes et méditerranéennes, remises au goût du jour avec un son électro.

 

Dans un style reggae maintenant mais tout aussi représentatif d’une partie de la société israélienne, il y a Anna RF. C’est un groupe d’israéliens qui fait de la musique ethnique reggae, qu’on peut aussi appeler de la reggae midbari, c’est-à-dire du reggae du désert ! Je vous recommande d’aller jeter un œil à leur page youtube, ils sont drôles, leurs clips font voyager et leur musique est simple mais envoutante !

 

Encore un artiste unique en son genre, peu connu en Israël : Ittai and the Toys. Ittai est un musicien hors-pair armé de son pad et son ordinateur, de 6 à 7 instruments à vent différents, et d’un percussionniste extraordinaire, Ivan, parfois même d’un violoniste. Le tout réuni donne cette musique dite « digitale-ethnique ». C’est difficile à décrire tant sa musique est transcendante, alors un seul conseil : écoutez !

 

Un genre musical qui fait aussi son effet au près d’une partie de la population jeune, c’est la musique trance psychédélique. Vous savez, cette musique que vous écoutez dans le désert lors des trance party, des rainbows et autres rave du Néguev. Musique née à Goa en Inde, la trance israélienne est aujourd’hui connue et reconnue dans le monde. La trance psyché est une musique à part qu’il faut apprendre à apprécier, mais elle peut être assez particulière au début… Pour vous y initier, allez donc écouter Astral Projection ou encore Astrix.

 

Dans le style jazz, le jazz israélien est une fois de plus unique en son genre. Représenté par le Grand, le Majestueux, le Merveilleux, le Magnifique Avishai Cohen, c’est un jazz contemporain et novateur, aux influences orientales. Avishai Cohen est un contrebassiste plus que talentueux, mais surtout très exigeant, ce qui rend sa musique si parfaite. Les musiciens de son Trio sont soigneusement choisis, il révèle les virtuoses jazz de demain, et fait depuis longtemps le tour du monde pour partager sa musique. Une chose est sûre, sa renommée n’est plus à faire.

 

Dans un style funk/hip hop maintenant, connaissez-vous Hadag Nahash ? Ce groupe que vous entendez au moins tous les jours sur Galgalatz ? Si non, alors ne perdez pas une minute ! Cliquez vite sur le lien et allez découvrir ce groupe engagé et dynamique, aux paroles pinçantes et aux rythmes enjoués ! C’est certainement un des groupes à ne pas rater en Israël.

 

Enfin, si vous appréciez le style plus folk et acoustique, courrez voir The Angelcy en concert ! Ce groupe israélien dont les morceaux sont principalement en anglais, saura vous emporter dans le monde enchanté qu’il a construit, cet univers qui n’appartient qu’à lui et qui touche tout le monde sans exception…Toujours dans ce style, Geva Alon fait fureur en Israël. Il chante exclusivement en anglais, mais le jeune artiste est talentueux et s’inspire de la folk américaine. On a ensuite le célèbre Asaf Avidan et sa voix de Joplin. Son nom n’est plus à faire ni en Israël, ni sur la scène internationale de toute évidence.

 

Oriane

Oriane

Etudiante franco-israélienne à Sciences Po, pour moi, Israël, c’est plus qu’une destination de vacances, c’est une passion. Je suis tombée éperdument amoureuse du sud d’Israël, du Néguev, son immensité et son silence criant. J'ai étudié à Beersheva, à l’université Ben Gurion. Beersheva ? Mais qu’est-ce que je suis allée foutre là-bas… Allez comprendre, la chaleur aride et les tempêtes de sable, je préfère ça à l’humidité Tel Avivi, mais aussi le vivre-ensemble qui anime cette ville si différente des autres cités israéliennes.
Je suis musicienne et chanteuse à mes heures perdues, vous pourrez sûrement me croiser aux open mic’ de Tel Aviv, Jerusalem ou Beersheva. Vous l’aurez compris, artiste torturée, je philosophe (un peu trop) et joue des mots pour faire passer des messages, pour transmettre ce que je considère comme crucial.
Oriane

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