L.I.M

Le timing est parfait, le temps aussi à Paris : il vente, il pleut et le ciel est gris. Alors que le Front National en deviendrait presque charmant aux yeux des électeurs français d’après certains sondages auxquels on se demande toujours qui vote, puisqu’à moi, comme à toi, on ne nous a pas demandé notre avis, voici la mauvaise blague du jour.

 

Alors qu’Eric Zemmour – autosuicidé populairement impopulaire – est défini « plus goy que goy » par la franco-libanaise Léa Salamé, qui a pourtant, on le sent bien, de la sympathie à son égard, voilà la bonne nouvelle du jour.

 

Que la blague soit bonne ou que la nouvelle soit mauvaise, on ne sait plus.

 

Tout ce que je sais moi, au moment où j’écris ces quelques lignes, c’est que ces élections présidentielles de 2017, il vaudra mieux les suivre de loin. Et je ne parle même pas de toi, si tu es juif. D’ailleurs, si c’est le cas et ça l’est certainement, je serais toi je commencerai à réfléchir au petit bout de papier que je mettrai dans l’urne. Parce que voilà, voilà deux nouveaux postulants en un : Soral et Dieudonné, qui non contents d’avoir dédramatisé la Shoah – et le mot est volontairement faible – et d’avoir fait de la cause palestinienne un enjeu français à tout prix, officialisent leur nouvelle union et scelle un nouveau pacte : celui de faire face non pas à Sarko, non pas à Mélenchon et encore moins à Hollande (lui sera soulagé de retourner à ses occupations d’antan), mais à Marine Le Pen.

 

Alors si tel est le cas et imaginons le pire qu’il puisse arriver, qu’on ait le « choix » entre le Front National et Réconciliation Nationale – c’est le doux nom que porte ce nouveau parti politique nauséabond – on pourrait presque voter à coup de « Plouf plouf… » avant de prendre un billet pour une destination lointaine. Israël pour certains, Mars pour d’autres. Pour ma part, je ne sais pas encore. Tout ce que je sais, c’est que la campagne présidentielle de 2017, faudra la suivre à la télé, sur BFM ou Itélé, en direct ou en replay.

 

Pour peu que les Français n’étudient pas le programme (ah bon, il y a un programme ?), le choix se fera assez simplement finalement : voter contre les juifs ou voter contre les musulmans. Oui, ça peut paraître assez simpliste comme ça. C’est assez réducteur, peut-être même insultant pour toi Français qui ne te découvre pas une conscience politique depuis que Dieudonné fait des spectacles et que Le Pen a tué le père. Il y aura des semblants de débats et des débordements médiatiques qui petit à petit enterreront l’idée qu’un jour la France était un pays cosmopolite où il faisait bon vivre. La presse se régalera, les cabinets de sondages n’en parlont pas.

 

A l’heure qu’il est, beaucoup ont déjà fait leur choix : si si, je t’assure, à lire les commentaires de cette nouvelle sous le post Facebook de Médiapart qui a annoncé la nouvelle, il y a déjà un paquet d’électeurs partants pour cette nouvelle aventure qui aurait aussi pu s’appeler tout simplement : « la France sans les Juifs », « la France à poil » (comprends : sans la burqa) ou « la France aux Français mais sans les Juifs » face à « la France aux Français sans les Arabes ».

Pour ceux qui comme moi, sont ni Juifs ni Arabes, on nous nommera les « Indécis » ou bien encore : les « Propalestiniens » ou les « Proisraéliens », les « Sionistes » ou les « Antisémites ». Bien sûr, nous les « Indécis », on votera en cachette, on votera blanc, par SMS ou on ne votera pas. Pour ma part, si tel esl le scénario de 2017, ce que je n’espère pas, je voterai de loin et je voterai pour moi. Parce que moi finalement, je rassemble tout le monde :

 

  • Je suis moitié Black originaire d’un pays d’Afrique colonisé par la France et je cite Michel Rocard : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, (mais elle doit en prendre sa part). »
  • Je suis moitié Blanche originaire d’un pays d’Europe de l’Est : je connais donc bien le dossier « Roms ».
  • J’ai grandi en banlieue « Black-Blanc-Beur-Feuj », à une époque où on s’en foutait un peu parce qu’on avait tous gagné la Coupe du Monde.
  • Je vis actuellement dans un pays en crise : la France, donc je sais ce que c’est de manger des pâtes au thon,
  • J’ai testé la Suisse : c’est vrai que c’est « propre » mais les Français me manquaient,
  • J’ai la Torah, la Bible et le Coran : j’ai toute la trilogie dans ma bibliothèque,
  • Je suis née dans un pays communiste : en ex-URSS, à quelques mois et kilomètres près de Tchernobyl (ceci expliquant cela),
  • J’ai des idées libérales : ben oui je suis auto-entrepreneur,
  • Je jouis de certains privilèges ou en ai joui (les APL, le RSA, les ASSEDIC…),
  • Et pour finir : je suis déjà allée en Israël. Assez en tout cas pour penser que finalement ces « antisionistes » (qui pour la plupart n’y ont jamais mis les pieds) ont raison : les juifs, et bien d’autres, seraient bien mieux à Tel Aviv ou à Jérusalem.

 

Vote de loin, mais vote pour moi.

 

Ps : j’ai noté un commentaire parmi des centaines suite à la publication de l’article de Mediapart qui me paraissait assez bien résumer le parti « Réconciliation Nationale », un nom de Bisounours qui nous laisse imaginer à nous, les Indécis, qu’une fois les juifs partis de France (de préférence pas en Israël), que ­tout le monde il s’aimera, tout le monde il sera riche et tout le monde il sera beau. 

 

« J’adore quand le black croit que le blanc n’est raciste qu’envers les juifs. »

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