Le slang hébreu de la rentrée – leçon n°3

Noya

NOYA

 

Nous voilà déjà en octobre. Votre bronzage n’est plus qu’un lointain souvenir, tout comme vos amours de vacances restés échoués sur la plage Gordon telles les méduses de Tisha Béav (berk). Ainsi va la vie. Mais rassurez-vous, moi je suis toujours là et je ne vous abandonne pas ! Je pense tellement à vous que je vous ai préparé une nouvelle leçon de slang hébreu histoire de vous remettre un peu dans le bain pour la rentrée.  Allez, on sort son cahier et on note, c’est parti pour dix nouveaux mots et expressions.


Boker tov Eliyahou

En Israël, on ne connaît pas Nabilla et son « Allô, non mais allô ? » (quelle chance d’être épargné par ce non-phénomène). En revanche, on use et on abuse de son équivalent Boker tov Eliyahou, littéralement « Bonjour Eliyahou ». Cette expression s’utilise quand, au cours d’une conversation, votre interlocuteur enfonce une porte grande ouverte. En lui disant Boker tov Eliyahou, vous lui signifiez qu’il était grand temps qu’il se réveille. C’est un poil moqueur mais jamais méchant. Pas le genre de la maison…

Exemple :

–       Tu savais, toi, que David sortait avec Déborah alors qu’il s’était fiancé à Jessica ?
–       Non mais Boker tov Eliyahou, tout le monde est au courant depuis deux semaines !

(Je vous rassure, j’étais pas au courant non plus)


 

Bé gadol

En gros, dans les grandes lignes. Très utile quand vous avez une très longue histoire à raconter mais très peu de temps car votre iPhone n’a bientôt plus de batterie (passez au Samsung, bon sang !). Utilisez Be gadol pour l’essence de votre propos et gardez les détails pour plus tard, le tout est que le message soit passé et puisse être répété et déformé à l’envi. Par contre, moi je veux bien connaître les détails une prochaine fois.

Exemple :

–       Et la rupture entre David et Jessica alors, ça s’est passé comment ?
–       Oh la la, si tu savais les rebondissements qu’il y eu… Enfin, be gadol, c’est terminé et elle lui a rendu la bague.

 


 

Kapara

Si vous avez une grand-mère d’Afrique du Nord, il se peut que vous ayez déjà entendu ce mot quand elle vous pince la joue. Kapara, littéralement, c’est ce qu’on dit avant Kippour quand on est en pleine expiation et qu’on sacrifie un poulet en lui transmettant au passage tous nos péchés. De fait, c’est le poulet qui prend pour nous. Quand votre grand-mère vous dit Kapara, ça veut dire qu’elle veut être le poulet (n’essayez pas de visualiser des trucs chelous) et qu’elle se sacrifie pour que toutes les choses mauvaises qui peuvent vous arriver, elle les prenne à votre place. Bon, et en pratique, quand quelqu’un vous appelle Kapara en Israël, c’est simplement un terme affectueux synonyme de Chéri(e). Tout ça pour ça, oui, je sais. Mais c’est toujours bon à savoir. Et puis comme ça vous arrêterez d’appeler tout le monde Motek, Mami et A’hi.

Exemple :

–       Comment ça va Motek ?

–       Ça va. Comment tu vas toi, Kapara ?

Note : quand on vous parle de quelqu’un en vous disant qu’il ou elle est kapara, ça veut dire que c’est un amour, une vraie crème. Un peu comme vous, oui.

 


Lama ? Ca’ha !

La meilleure expression du monde quand on vous pose des questions et que ça vous gonfle de répondre.
Littéralement :  » Pourquoi ? Comme ça. » C’est l’équivalent du « Pourquoi ? Parce que. »
Réponse sans appel ni dérogation, ça veut un peu dire « Fous-moi la paix ». Très utilisé par les profs d’oulpan et par les mamans. Et une fois qu’on a l’a sorti, plus personne ne vous emmerde. Donc c’est vraiment pratique.

Exemple :

–       Pourquoi tu ne viens pas avec moi à la plage ? Hein ? Lama ?

–       Ca’ha !

 


Bétèn gav

Littéralement, Ventre dos. Si vous faites un tout petit peu travailler votre imagination, normalement vous pensez à l’alternance de votre position à la plage, non ? A la plage, j’ai dit, pas au lit. Ne comptez pas sur moi pour vous décrypter le Kama Sutra. Donc vous pensez recto-verso sur votre serviette et, par extension, repos. Voilà le sens de cette expression. Bétèn gav est synonyme de repos, détente… et pas forcément à la plage. Quand vous êtes dans votre canapé à végéter, ça s’appelle également du bétèn gav, je vous le confirme. Mais je n’en serais pas si fière, à votre place… Allez, au boulot, là !

Exemple :

–       Alors comment ça été ta semaine ?

–       J’en peux plus j’ai bossé comme un fou, j’ai vraiment besoin de bétèn gav, là…

 


 

Guilata èt América

Littéralement : « Tu as découvert l’Amérique ». C’est une petite variante de Boker tov Eliyahou que l’on a tendance à utiliser à outrance (oui je prends mon cas pour une généralité) (c’est interdit ?). A employer quand la personne qui vous parle, a l’impression de vous apprendre le scoop du siècle alors qu’en fait, pas du tout. C’est une façon ironique de lui dire qu’elle débarque dix ans après tout le monde. Offrez-lui une limonada pour vous faire pardonner votre arrogance… et chopez son 05 si c’est une personne du sexe opposé.

Exemple :

–       Ils vont ouvrir un nouveau restaurant de brochettes pas loin de chez moi, j’ai trop hâte !

–       Eh ben, guilata èt America, hein ! Je suis déjà fan d’eux sur Facebook.

 


 

Pam chlocha, glida

Littéralement : « A la troisième fois, une glace. »
Partant du postulat qu’Israël est un tout petit pays, il est souvent possible de rencontrer des gens de manière fortuite dans la rue, à la plage, dans le bus, au club échangiste, au resto… Mais avouons que c’est quand même assez rare de se rencontrer deux fois par hasard ! (Ou alors c’est que l’autre vous suit et là il va falloir surveiller vos allées et venues, engager un détective) (mais mon propos n’est pas là, pardonnez ma digression). On a donc créé une expression pour ça. Quand vous croisez deux fois la même personne dans la même journée, vous pouvez lui dire : « Pam chlocha, glida. » En même temps, il y a tellement peu de chance pour que vous retombiez dessus que vous aurez plus vite fait d’aller l’acheter vous même, votre glace. Ne comptez pas sur le hasard pour financer votre gloutonnerie. Enfin bon, vous pouvez essayer avec le chauffeur de bus, avec lui il y a une petite chance pour que ça marche.

Exemple :

–       Mais, on s’est déjà croisés ce matin au Shouk Ha Carmel ?

–       Eh oui ! Et pam chlocha, glida !

 


 

Magniv

Cool, génial. Une alternative à Sababa et Méhoulé. Et puis c’est facile, ça ressemble un peu à « Magnifique ». Donc quand vous êtes content et que vous avez déjà utilisé toutes les expressions de ravissement, que votre stock de nouveaux mots est vide, hop ! Sortez un petit Magniv de votre manche et le tour est joué. Facile, non ? Magniv, même !

Exemple :

–       Allez, ce soir on se chauffe et on va à la plage après le cours de sport. Tu prends ton maillot de bain et une serviette, moi j’apporte le vin blanc et la pastèque !

–       Magniv !

(Oui oui, ça existe dans la vraie vie, ce dialogue n’est pas le fruit de mon imagination débordante)

 


 

Sof ha olam smola

Littéralement : « Au bout du monde à gauche. »
S’emploie pour parler d’un endroit – que dis-je – d’un trou paumé au milieu de nulle part. Et s’utilise le plus souvent quand vous êtes obligé d’y aller (sinon vous n’en auriez strictement rien à carrer, soyons honnêtes). Imaginez par exemple que vous êtes en Israël. Vous adoreriez vous prélasser à la plage aujourd’hui (faire du béton gav, c’est ça, un point pour les lèche-c*l) mais, malheureusement, vous êtes de corvée pour aller rendre visite à une vieille tante éloignée qui vit dans un bled de 100 habitants (chameaux compris) et qui tient a-bso-lu-ment à vous voir. Quelle tannée.

Exemple :

–       Elle habite où déjà, Rivka ?

–       Sof ha olam smola

 


 

Barour

Clair. A utiliser pour dire : « C’est clair ! », quand vous êtes d’accord avec quelqu’un.
Insistez bien sur le « OU » si vous voulez vraiment passer pour un(e) local(e). L’avantage de Barour (à ne pas confondre avec le Barou’h des prières), c’est que vous pouvez l’employer quasiment tout le temps et dans toutes les situations. Vous doutez ? Pensez à toutes les fois où vous avez dit C’est claaaaaaaair dans vos conversations de haute volée avec vos copines… Ah, vous voyez ?

 Exemple :

–       Non mais de toute manière, ce mec il servait à rien.

–       Barour !

–       Et puis en plus, c’est pas comme s’il était spécialement beau, hein ?

–       Barour !!!

(Mais que ‘est-ce que vous foutiez avec lui alors ?)

 


Et voilà, ce sera tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette nouvelle leçon a été utile et qu’elle vous permettra d’être encore plus à l’aise en hébreu et de faire plein de progrès.

Etant donné le succès de mes cours, avec Rootsisrael nous avons décidé de répondre aussi à vos demandes et suggestions. Si jamais des idées de thèmes en particulier vous viennent à l’esprit, n’hésitez pas à nous les soumettre (ah ben tiens, Christian Grey, on t’avait plus vu depuis longtemps). 

 

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Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
Noya

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