Les 14 mots hébreu qui te sauveront ton été – leçon n°2

Noya

NOYA

Vous avez été nombreux à lire et vous faire passer les 14 mots de slang que je vous ai appris le mois dernier et vous m’en voyez fort contente. Même mon chef m’a filé une augmentation tellement il était fier de moi. Mais vous avez également été nombreux à me faire remarquer que cet article n’était pas complet et qu’il manquait quelques expressions. Je suis comme le Général de Gaulle (la moustache en moins) : je vous ai entendus ! Et j’ai le plaisir aujourd’hui de vous proposer de nouveaux mots pour venir compléter ceux que vous avez déjà retenus. J’espère que vous n’êtes pas encore rentrés en France et que vous pourrez utiliser ces nouveaux vocables et épater tout votre entourage. Soyez attentifs, le prochain article ça sera l’interrogation écrite et je vous préviens, je suis très sévère (Christian Grey, sors de ce corps).

 


 

Méhoulé

Super, génial. C’est le cousin germain de Sababa. Quand on vous propose quelque chose qui vous plaît, quand on vous demande des nouvelles de vos vacances, vous pouvez sortir un petit Méhoulé pour varier les plaisirs. Parce que je vous vois, là, vous dites Sababa même dans vos rêves. Alors changez un peu, les gens commencent à se lasser.

Exemple 

–        Alors, ce séjour à Tel Aviv, c’était comment ?

–        Méhoulé !

 


 

Mamash

Vraiment, mais alors VRAI-MENT. Vous avez envie d’insister sur un adjectif et de lui apporter une touche d’emphase comme vous apporteriez une touche d’huile d’olive à votre houmous ? Alors Mamash est fait pour vous. Même ma prof d’oulpan le disait souvent. Quand vous le prononcez, n’oubliez pas de bien accentuer le deuxième « a ». Et pour l’huile d’olive dans le houmous, allez-y mollo tout de même.

Exemple 

– Ce voyage en avion m’a tué, c’était mamash pénible !

(ça vous apprendra à voyager avec Pegasus)

 


 

Fré’ha

Vous connaissiez le ars, réservez votre meilleur accueil à sa version féminine, la fré’ha (à ne pas confondre avec la tré’ha nord-africaine) et ses copines les fré’hot. La fré’ha est une jeune femme dont l’élégance et le bon goût se situent un poil en dessous du niveau de la Mer Morte et qui ignore probablement la définition du mot sobriété. Sa jupe est aussi courte que ses talons sont hauts, et elle mâche un chewing-gum environ 20 heures sur 24. A la plage, vous la reconnaîtrez à la forme de son maillot de bain qui vous offre un panorama encore plus impressionnant que le cratère de Mitzpe Ramon. Cheveux décolorés en option, tatouages hasardeux et piercing(s) de série.

 Exemple :

–        T’as vu la fille qui vient de passer comme elle est bonne ?

–        Laisse tomber, c’est une fré’ha

 



Davka

Comme par hasard, juste à ce moment, justement, spécifiquement. Utilisez Davka pour introduire un événement survenant  de manière vraiment impromptue et contraire au déroulement naturel des choses. Vous pouvez également l’employer pour indiquer une coïncidence, quelque chose qui tombe bien. Car oui, il y a des choses qui tombent bien parfois, je vous assure.

Exemple :

– J’étais en train de penser à toi et davka tu m’as appelé à ce moment-là !

 



Ma koré ?

Littéralement Que se passe-t-il, c’est un peu le « Salut ça va ? » français et le « Hey How are you » anglais. En bref, comment ça va, quoi de neuf ?. Attention cependant, ce n’est pas parce qu’on vous dit Ma koré dans la rue qu’il faut commencer à déballer votre vie. En vrai, on s’en fout, c’est juste une manière informelle de vous dire bonjour. Si vous avez besoin de parler, allez voir un psy.

Exemple :

– Ma koré Mami ?

(c’est fou ce que vous vous faites draguer, alors !)

 



Ba sof

Littéralement, à la fin. Dans la pratique, finalement, en définitive (surtout pas au final, malheureux ! C’est un néologisme, il n’y a rien de pire, ça mérite la fessée) (Christian Grey, on t’avait pas dit de partir ?). Vous pouvez donc l’utiliser pour ponctuer les récits de vos passionnantes aventures estivales.

Exemple :

–        Alors le resto avec le mec du Clara, c’était comment ?

–        Sympa mais il ne m’a pas invitée et a voulu partager l’addition en deux, le crevard. Ba sof je l’ai basé

(et vous avez bien fait.)

 


 

Ma pitom ?

Ça va pas la tête ? T’es malade ou quoi ? Une de mes expressions préférées à utiliser quand quelqu’un est particulièrement chiant ou insistant – ou les deux. N’ayez pas peur de monter dans les aigus quand vous l’employez et dites-le sur un ton mi-scandalisé, mi exaspéré.

Exemple :

–        Merci pour le dîner c’était délicieux… Tu veux que je te fasse la vaisselle ?

–        Ma pitom qu’est-ce que tu racontes ? Je vais m’en occuper tchik tchak !

 


‘Houtspa

Ah, la fameuse ‘houtspa, une spécialité 100% israélienne ! Vous connaissez ? La houtspa est un mélange d’insolence, d’arrogance et de discourtoisie, un sérieux manque de savoir-vivre propre aux Israéliens qui décourage pas mal de candidats à l’Alyah. Je vous rassure, ce n’est pas dans l’ADN de tout le monde. Quand vous le prononcez, raclez-vous bien la gorge au début et accentuez bien le a final.

Exemple :

–        Tu te rends compte que le mec est monté dans le bus en me bousculant et qu’il ne m’a même pas dit pardon ? Le pire, c’est que j’étais là avant lui !

–        Quelle houtspa !

 



Na’hon

Vrai, juste. Quand je faisais mes devoirs à l’oulpan, parfois je devais répondre à des affirmations et dire Na’hon ou Lo Na’hon (vrai ou faux, quoi). On peut donc l’utiliser pour dire Oui, c’est vrai. Mais dans la vie, na’hon on le dit aussi à chaque fois qu’on ponctue une question rhétorique. Dans ce cas, il fait office de n’est-ce pas. En règle générale, vous remarquerez qu’il apparaît souvent dans les dialogues pour remplacer le traditionnel Ken (Ken ça veut dire Oui, je ne parle pas du remplaçant du mari de Barbie).

Exemple :

–        Hier soir tu n’es pas rentrée à la maison, na’hon ?

–        Na’hon

 



Zouz mi po

Bouge de là. Votre future expression préférée quand vous déambulerez dans le shouk Ha Carmel de Tel Aviv. Remplace avantageusement les formules de politesse made in France qui n’ont aucun effet en Terre Promise. A utiliser avec modération tout de même, on n’a pas envie de vous retrouver aux urgences après une baston avec le vendeur ambulant de halva (c’est qu’il a de la force, le bougre). Marche aussi dans les bouchons en voiture. Dans le bus vous pouvez aussi essayer mais le chauffeur aura un peu l’impression que vous lui piquez son rôle.

Exemple :

– On n’avance pas là, allez ! Zouz mi po, je suis pressé, moi !

 



Motèk

Avec ma gueule de Motèk, de Juif errant, de peintre grec… Excusez-moi, je me suis laissée emporter. Motèk, donc, qui se décline également en Métouka, désigne littéralement quelque chose de doux, de sucré. Et par extension, on l’utilise comme un terme affectueux : chéri(e), trésor, bébé et autres niaiseries que mes pauvres petites oreilles n’ont plus entendu depuis belle lurette. Mais attention, ça ne veut pas dire pour autant que la personne qui s’adresse ainsi à vous nourrit d’ardents sentiments amoureux à votre égard. C’est juste comme ça, stam, parce que c’est mignon. N’importe quel mec que vous croiserez peut vous appeler Motek. Alors calmez vos ardeurs.

Exemple :

– Chalom Motek, tu fais quoi ce soir ?

(fonctionne aussi avec Neshama qui, littéralement, veut dire âme mais qui, en vrai, peut s’employer avec n’importe quelle conquête d’un soir. Eh ouais. Bienvenue en Israël)

 



Réga

Un grand classique de nos régions. Littéralement, Réga ça veut dire moment et du coup, on l’emploie pour demander à quelqu’un d’attendre deux secondes. S’accompagne du geste de la main typique avec les cinq doigts réunis au centre de la main levés vers le ciel avec un léger balancement du haut vers le bas. S’utilise en toutes circonstances : au téléphone quand on est interrompu, au chauffeur de bus quand on met dix plombes à trouver sa monnaie, au boulot quand notre chef nous demande un dossier qu’on a paumé… De toute manière, ici on ne fait que ça : attendre.

Exemple :

–        Alors, tu sors ton portefeuille ? Je veux m’acheter une Artic !

–        Rega !

 

Note, vous pouvez ajouter un petit Rak avant le Réga. Rak rega ! Juste un instant. Encore plus efficace.

 


Yofi !

Joli ! Pas mal ! Bravo ! Encore un terme multi-tâches et multi-situations. Il se faufile dans toutes les bouches un peu comme Christian Grey en toutes occasions. Vous avez bien réussi votre plat, vous avez de belles fringues aujourd’hui, vous avez fait une phrase entière en hébreu sans aucune faute, vous avez décroché un job… Yofi ! C’est simple, c’est rapide à dire et ça fait toujours plaisir. Un indispensable à dégainer sans hésiter. Note : vous pouvez le faire précéder d’un petit Eizé pour une pointe d’emphase.

Exemple :

–        Alors, tu as eu une bonne note à ton contrôle ?

–        Oui, j’ai eu 98/100 !

–        Waouh, eizé yofi !

 


Nou ?

Alors ? Donc ? ça vient ? Ce petit mot s’utilise en cas d’impatience extrême. Dans les bouchons, pendant une conversation avec une copine qui met du temps à cracher sa Valda (pardonnez mon expression de grand-mère mais je l’aime bien), etc.  On n’a pas encore vérifié si ça accélère les accouchements mais on se penchera sur l’occasion neuf mois après Tou Béav.

Exemple :

–        Donc j’étais chez lui… Il m’a proposé de me servir un verre… Et puis je lui ai demandé d’ouvrir la fenêtre parce que j’avais un peu chaud… Et puis lui il voulait boire autre chose, tu sais…

–        Nou ????? Il t’a embrassée ?


Ma ani, èz ?

Je suis quoi, moi, une chèvre ? Une expression très imagée à utiliser en cas de colère extrême. Un vilain ars vous a mal traitée, Une sale fré’ha vous a brisé le cœur, le videur ne vous a pas laissé rentrer en boîte, un taxi n’a pas voulu vous prendre… Bref, cette expression est là pour exprimer tous vos coups de gueule. Très pratique quand on a un petit côté Schtroumpf Grincheux (qui a dit « comme moi » ?).

Exemple :

–        Cette espèce de **** (je censure car je suis polie) ne m’a même pas rappelée après l’entretien alors qu’elle devait me tenir au courant ! C’est tellement insultant ! Ma ani, èz ?

 


 

Et voilà pour les 14 mots complémentaires ! Je vous encourage vivement à vous acheter un petit répertoire Clairefontaine (ou Auchan si vous êtes fauchés) et à les noter pour ne pas les oublier. Comme ça vous pourrez les ressortir l’été prochain en vacances… ou dans quelques mois quand vous ferez votre Alyah ! 

 

Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
Noya

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