Les juifs d’Afrique Noire

Rootsisrael a décidé de s’attarder sur ce qui ressemble de loin beaucoup plus à une légende urbaine qu’à une réalité : « les communautés oubliées d’Israël ». Un dossier spécial que nous lançons aujourd’hui, et qui continuera au fil des mois sur le site : zoom, clin d’œil sur des communautés parsemées et disséminées aux 4 coins de la planète, mais se réclamant à chaque fois du judaïsme ou des descendants des tribus d’Israël. Certaines de ces communautés ont été reconnues par Israël, d’autres se battent pour que ce soit le cas, afin le plus souvent de pouvoir bénéficier de la « Loi du Retour », et fuir leur pays dans lequel ils sont souvent persécutés.


En mars 1996, une dépêche de l’A.F.P. répercuta l’annonce par un quotidien de Bamako de l’éveil de la communauté juive malienne. Même si la nouvelle ne pouvait réellement surprendre puisque déjà auparavant des Juifs avaient été signalés depuis des siècles en Afrique occidentale, dans la région de Tombouctou, la vraie question était de savoir quel groupement juif avait pu traverser les épreuves et le temps pour réapparaître tout à coup après des siècles de silence.

Beaucoup d’entre nous l’ignorent, mais plusieurs communautés noires africaines se réclament du judaïsme ou appliquent sans le savoir des règles semblables au rituel juif. Le réalisateur Maurice Dores dans son film Black Israël est allé à la rencontre de certaines de ces communautés. (voir sa conférence ici)  

Les Lemba (Afrique du Sud)

 

Une tribu noire africaine, les Lemba revendique une ascendance juive et observe des traditions sémites telles que des règles diététiques semblables à la casherouth, à l‘abattage rituel juif et aux rites de circoncision. Elle se prononce contre les mariages mixtes et garde des noms de clan à consonance sémite. Tudor Parfitt, réalisateur du documentaire les Tribus perdues d’Israël a rencontré les leaders tribaux et religieux des Lemba. Il est arrivé à la conclusion que l’origine des traditions des Lemba était sémite, et non africaine. Après ses voyages, Parfitt s’est associé avec des chercheurs en «Anthropologie génétique» à l’Université de Londres pour chercher une explication génétique à la tradition orale des Lemba qui les voudrait de descendance juive. Utilisant une nouvelle technique, l’équipe a identifié une série particulière de marqueurs génétiques sur le chromosome Y de hommes Lemba. Ils ont alors comparé ces marqueurs à d’autres groupes avec qui les Lemba pourraient avoir une ascendance génétique commune.

 


Les Ayabudaya (Ouganda)

La communauté Abayudaya (Bayudaya signifie « juifs » en luganda; ba est un préfixe marquant le pluriel) avait à l’origine une figure charismatique : Semei Lwakilenzi Kakungulu. Il adhère d’abord à la secte chrétienne des Bamalaki avant de se tourner vers ce qu’il percevait comme le judaïsme. Il fut suivi par un certain nombre de ses compatriotes, 2.000 environ à l’apogée du mouvement. Il publie en 1922 un livre de règles de la communauté et fait édifier un lieu de culte en 1923. Après le décès de Kakungulu, le nombre d’Abayudaya était descendu à 300. L’établissement de contacts avec des organisations juives à partir des années 1960 permirent aux Abayudaya de sortir de leur isolement. La World Union for the Propagation of Judaism (créée en 1955 par Israel Ben-Zeev, professeur à l’Université Bar-Ilan) s’intéressa ainsi aux Abayudaya: elle y voyait un point de départ possible pour des efforts de conversion d’Africains au judaïsme.
En 1995, les Abayudaya reçurent la visite de représentants de Kulanu, une organisation juive américaine qui s’intéresse à tous ceux qui, à travers le monde, se reconnaissent comme Juifs. Kulanu aida financièrement la scolarisation des 150 enfants de la communauté.
En 2001, les Ayabudaya d’Ouganda ont obtenu leur conversion officielle de rabbins orthodoxes américains et israéliens.

Les Juifs de Tombouctou (Mali)
2000 Juifs du Mali qui dans des conditions peu imaginables ont préservé la seule chose demeurée inviolable: la mémoire de leur origine. Les Daggatoun. Les Juifs étaient des nomades parmi les plus résistants, au moins ceux qui venaient commercer jusque dans les centres éloignés comme Tombouctou. Tous les Juifs de Tombouctou se convertirent tardivement soit à l’Islam soit au Christianisme. Des recherches historiques récentes ont amené plusieurs familles dans cette ville malienne éloignée pour retrouver la religion de leurs ancêtres. En 1993, , un historien de Tombouctou, a crée l’association Zakhor, pour l’amitié avec le monde juif. Elle se compose essentiellement de Maliens, descendants des Juifs. L’objectif de Zakhor est de réaffirmer l’ascendance juive de ses membres pour favoriser la reconstruction d’une identité juive à Tombouctou sans chercher la conversion au judaïsme Le rabbin Mardochée aby Serour, passé dans le coin 130 ans, avait écrit que les Daga étaient  » blancs comme neige « . Etrangement, ils sont en effet très clairs, les femmes et les enfants, particulièrement fins, ayant une peau bien blanche. Plusieurs communautés de Touaregs, venus de Gao, Bourem, Tombouctou se déclarent sans hésitation d’origine juive; Leur nom :  » IMRAD « , en tamachek (la langue des Touareg), ou, en songhaï  » DAGA  » désigne la fameuse  » tribu d’origine juive vivant parmi les Touareg «  Si quelques Daga seulement disent que leurs ancêtres venaient du Maroc, qu’ils faisaient le commerce du sel et du tabac…, d’autres se déclarent nettement d’origine juive, ce qui renforce la thèse d’une migration vers le sud après les persécutions et les massacres infligés aux Juifs du Touat, en 1492.  

Les Juifs du Cap Vert
L’histoire de la communauté juive du Cap Vert est liée à l’Inquisition portugaise et à l’esclavage.Dans les années 1460, quand les portugais découvrirent les quatorze îles situées à 450 kilomètres de la côte de l’Afrique occidentale, ils utilisèrent l’archipel comme une station de ravitaillement sur la route du Nouveau Monde, comme une escale pour la traite, où ils pourraient aussi se ravitailler en combustible. C’était aussi un refuge pour des Juifs que l’Inquisition cherchait à convertir sous peine de mort.  

House of Israël (Ghana)

L’ancien empire du GHANA, est fondé par des hommes blancs (Tarikh es Soudane) vers l’an 300. Or, ces rois blancs auraient été des Judéo-syriens chassés par les persécutions romaines de Cyrénaïque, vers 118. A leur arrivée en Afrique occidentale, au VIII° siècle, les premiers Musulmans trouvèrent entre Sénégal et Niger, sur l’emplacement du futur royaume du Mali (Mallal) et le territoire de la Kamnuriyya des populations qui  » lisaient la Tawrat  » et des groupements juifs qui seront mentionnés par les grands historiens et géographes arabes (El Bakri, Idrissi…). On en trouve confirmation dans un récit laissé par un Juif de la tribu de Dan, Eldad le Danite, apparu à Kairouan vers la fin du IX° siècle et qui évoque l’existence, au Sahara, d’un empire juif.

« La Maison d’Israël » des villages de Sefwi Wiawso et Sefwi Sui, à l’ouest du Ghana est relativement nouvelle ou ancienne, selon l’approche que l’on a de l’histoire de cette communauté. Ses membres croient que leurs ancêtres, les gens de Sefwi, sont les descendants des Juifs qui ont migré vers le sud par la Côte d’Ivoire. La communauté actuelle est née après qu’un leader spirituel local ait eu « une vision » qui le convainquit que les ancêtres des Sefwi étaient en réalité des Juifs. La Maison d’Israël a du faire face à beaucoup de difficultés à cause de ses croyances, mais depuis sa fondation il y a environ 25 ans, la communauté regroupe plusieurs grandes familles. La plupart de ses membres sont des enfants, la première génération de Ghanéens à être élevés en tant que Juifs.


La Tribu de Rusape (Zimbabwe)

 » Nous croyons que la plupart des descendants Noirs africains sont en fait d’anciens hébreux et que la plupart des Noirs sont les descendants des douze tribus d’Israël. Nous croyons que la véritable religion des descendants africains est le judaïsme et non l’islam, comme l’islam est une révélation pour les descendants d’Ismaël.  » écrit Solomon Guwazah de la communauté de Rusape au Zimbabwe, dans une lettre adressée à l’African Sun. Cette communauté concentrée à Rusape, au Zimbabwe, a une histoire peu commune. Elle revendique spirituellement, sinon génétiquement, sa descendance « d’une des douze tribus d’Israël ». Elle fait aussi remonter ses origines à 1903, à la suite d’une rencontre entre un ancien esclave américain nommé William Saunders Crowdy qui était aussi un ex diacre de protestants baptistes et un homme religieux nommé Albert Christian.

Aujourd’hui, la communauté juive de Rusape, forte de plusieurs milliers de personnes vit sa foi dans un temple récemment reconstruit, situé à environ sept kilomètres de la ville. Ces Juifs respectent les règles de la cacheroute, suivent les mêmes fêtes que celles des Occidentaux et apprennent l’hébreu.


Les juifs du Nigeria

Récemment, une découverte très importante a été faite : celle d’une des preuves indiscutables de l’origine ancestrale juive de la communauté Ibo. Actuellement, les communautés Ibo sont en plein essor, notamment à Tel-Aviv en Israël, mais aussi dans le sud-est du Nigéria, aux Etats-Unis et dans d’autres pays du monde. Avec la résurgence actuelle des pratiques juives des hommes et des femmes Ibos, désirant revenir dans la communauté juive internationale et israélienne, les Ibos forment l’une des communautés en pleine croissance et dont l’étude de l’hébreu et de la Torah devient la norme. Actuellement, au Nigéria, il y a plus de 26 synagogues, Ibo et , qui célèbrent l’office du Shabbat, et ce nombre est en augmentation. D’autres recherches sont également menées à l’intérieur et à l’extérieur du Nigeria, afin de rendre compte, encore plus clairement et précisément, des origines juives de la communauté des Ibos Benei-Yisrael. L’espoir des Juifs de cette communauté est qu’un jour, ils seront officiellement reconnus par tous, et qu’ils pourront bénéficier de la loi juive du retour en Israël.

Encore aujourd’hui, les pratiques religieuses des Ibos Benei-Yisrael sont toujours en totale adéquation avec les commandements de la Torah. Malgré la perte des Ecrits, les Ibos Benei-Yisrael ont maintenu les coutumes et les traditions de l’ancien Israël sous forme orale. Quelques-unes de ces coutumes encore en vigueur sont : la circoncision des fils, le huitième jour de la naissance, la séparation d’avec les femmes pendant le cycle menstruel, l’interdiction de mélanger la nourriture des animaux ou de croiser des plantes, l’interdiction de consommer des animaux non-cachers, célébrer Yom-Kippour et Souccoth, contre l’impureté, l’immersion dans le bain rituel, mikvé, et la célébration de Pâque, Pessah’, pour n’en nommer que quelques-unes. Semblables aux Samaritains d’Israël et à certains juifs marocains, les anciens Ibos Benei-Yisrael qui croient descendre des anciens Lévites en raison de leurs pratiques lévitiques, se distinguent au sein de la communauté, en portant des couvre-chefs rouges qu’ils sont les seuls à pouvoir porter.

Enquête documentaire / Yoram Salamon


Sources :
www.amitiejudeonoire.com (Les juifs du Cap Vert)
www.akadem.org ( Les Noirs d’origine juive )
http://www.sefarad.org (les juifs du Mali)
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