[avatar user=”israeltavor” size=”thumbnail” align=”left”]Israël Tavor[/avatar]

Même si cette lettre ouverte s’adresse à vous (avant tout pour une question de style), au fond, cette lettre s’adresse avant tout à tous ceux qui, en France, me demandent depuis des années et encore récemment « mais tu en penses quoi? » soit qu’ils vous aiment, soit qu’ils vous détestent. Tel est le but unique de ce texte… Donc si dans les méandres internétiques, Soral et Dieudonné tombaient par hasard sur cette lettre, inutile d’y répondre, car d’une part votre avis m’intéresse autant que la date de l’ouverture de la pêche à la sardine, et qu’elle ne s’adresse pas vraiment à vous.

Alors voilà ce que je pense de vos quenelles et compagnie: je m’en branle.

Si je devais en penser quelque chose, au mieux je me demanderais si, au fond, vous ne seriez pas quelques agents du Mossad ou de l’agence juive, qui seraient mandatés afin de convaincre avec vos excès antisémites, les Français juifs de venir vivre en Israël, car, au fond, je crois que c’est là votre objectif principal… et oui, Dieudonné et Soral membres actifs d’un complot sioniste… Car comme le disent tous les complotistes se prenant pour l’inspecteur Derrick « A qui profite le crime? » si ce n’est de donner envie aux Juifs de venir vivre en Israël. Vous trouvez ça ridicule? Je suis d’accord. Mais ça ne serait pas la première théorie du complot à n’avoir aucun sens, sauf de tenter de donner du sens à l’insensé pour des esprits facilement impressionnables.

Mais pourquoi est-ce que je m’en fous de vos quenelles et de vos diatribes? Alors que j’entends autour de moi des gens dire « On est revenu aux années 30 en Europe! », je dis non. Nous ne sommes plus dans les années 30. Dieudonné n’est pas Hitler… il est Dieudonné, et en soi, ça suffit. Soral n’est pas Goebbels, il est juste Soral… pas besoin de plus pour se faire une idée du mec. Pas besoin d’aller chercher y’a 70 ans pour simplement écouter et savoir ce qu’il en est… Je me suis assez fait insulter en tant que Juif dans ma vie pour reconnaître un antisémite quand j’en entends un. Mais un élément fondamental permet de dire que nous ne sommes pas retombés dans un passé que l’on n’arrive pas à oublier: Israël existe.

Eh oui, ça vous emmerde (à moins que vous soyez vraiment employé par l’Agence Juive), mais Israël est là.
Alors vous pouvez faire toutes les quenelles que vous voulez, devant des synagogues, des écoles juives, au Kotel, etc… ce ne sont pas ces endroits que vous salissez, vous pouvez essayer tant que vous le voudrez, vous n’y arriverez pas, c’est simplement vous-mêmes que vous souillez sans même le savoir… mais ceci n’est pas mon problème, c’est le vôtre, faites ce que vous voulez. Faites donc toutes les photos que vous voulez avec vos quenelles, ça m’est égal… ou justement, continuez, ça permet de savoir qui on tondra à la Libération.

Je m’en fous car je suis en Israël. Vous pouvez le nier tant que vous le voulez, l’appeler « entité sioniste » si ça vous amuse, je m’en fous aussi. Vous pouvez vous torcher avec le drapeau israélien, chantez tous les Shoahnanas qui vous passent par la tête, je m’en branle au dernier, degré. Je possède un petit bout de plastique que l’on appelle Teudat Zehut… c’est ma carte d’identité israélienne. Quand je la regarde, que je regarde mon pays autour de moi, les jeunes soldats de Tsahal qui vous donne tant la gerbe, je ne peux m’empêcher de me marrer à mon tour.

Félicitations, sincèrement, d’avoir réussi à vendre de la « rébellion » comme on vend des boîtes de conserve: « Attention, nous avons une promotion exceptionnelle sur la rébellion, au modique prix d’une salle de spectacle, vivez les frissons de vous sentir rebelle quelques instants au coeur de vos vies banales.” J’avoue avoir même de l’admiration pour Dieudonné quand il réussit à faire croire à ses fans qu’ils sont le summum de la rébellion quand… il leur fait payer son redressement fiscal. Là, j’avoue, voir tous ces gens payer les impôts d’un autre en leur faisant croire qu’ils seront le nouveau Jean Moulin, ça m’a fait hurler de rire, comme lorsque l’on voit un gogo se faire avoir au bonneteau. C’est sans doute ça le talent, faire croire aux gens que l’on se bat contre le « système » alors qu’en réalité vous en êtes totalement dépendant, en prétextant d’un fumeux « mais non, on ne fait que le manipuler ».

En réalité, faire son Aliyah reste sans doute le seul acte véritablement révolutionnaire et rebelle que l’on puisse accomplir… une prise de risque de tous les instants… on ne sort pas de l’Aliyah aussi facilement que l’on sort d’une salle de spectacle ou en cessant de faire un geste avec les bras. L’Aliyah, côté rebelle, ça a tout de même plus de gueule que la quenelle… et pour le coup, ça emmerde encore plus de monde.

Alors j’ai le coeur léger à chaque instant lorsque je suis au bord de la plage, à Tel Aviv, en sirotant un café Afou’h ou que je touche le Kotel à Jérusalem, que je mange un houmous à Ra’anana ou que j’écoute ma fille me parler en hébreu en l’emmenant à l’école.
Je vous entends déjà « Profitez-en, la roue tourne, ça ne va pas durer ».

Ce que vous faites semblant d’ignorer, c’est que s’il y a bien un peuple au monde qui a une conscience aiguë de la fragilité des choses, c’est le peuple juif. Plus qu’aucun, nous savons que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. C’est car nous en avons conscience que notre Etat se prépare à toutes les éventualités et que notre armée n’est pas une simple force de défense, non, c’est surtout une assurance-vie. Mais en attendant, nous suivrons votre conseil… et croyez-moi, je profite avec bonheur de chaque instant, bonheur que vos quenelles n’entameront pas.

Voilà pourquoi vos insultes et vos gestes n’ont aujourd’hui plus d’effet sur moi. Vous êtes à la fois ceux qui me rappellent à chaque instant l’une des raisons d’être d’Israël et de son armée, et qui dans le même temps me font encore plus profiter de la vie en Israël.
Finalement, je devrais peut-être vous remercier… Mais je m’en veux déjà d’avoir perdu trop de temps à donner mon avis qui n’intéresse que moi et mes amis sur un sujet aussi inutile.

Sionistement vôtre,

Israel Tavor

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