L’Oulpan du Slang de Noya – la méthode de la rue – leçon n°4

 

Noya

NOYA

Les cours d’oulpan continuent avec votre prof préférée (c’est-à-dire moi) (à moins que vous ne préfériez la bonnasse en chemisier rouge du Petit Spirou mais dans ce cas-là je ne peux rien pour vous).

J’espère que vous serez aussi attentifs que d’habitude.

J’en vois,  au premier rang qui me demandent de leur apprendre des choses un peu plus élaborées, de la conjugaison, de la grammaire… Bande de petits impatients !
Soyons clairs les amis. Je sais que vous kiffez mes leçons d’hébreu et que vous êtes de plus en plus nombreux chaque mois à me les réclamer.

Je sais aussi que vous n’avez ni envie d’aller sof haolam smola pour suivre des cours fastidieux dans des classes surpeuplées et à des horaires incompatibles avec votre boulot.
Du coup, avant de commencer, rappelez-moi qu’ à la fin de cette leçon, je n’oublie pas de vous parler d’un oulpan vraiment méoulé :logo ulpan sheli brl’oulpan shéli, une formule gratuite pour tous les olim hadashim et qui est en train de faire un vrai vrai carton . Des mini-classes de 8 et des horaires adaptés à la carte » et tout et tout . Bon on en reparle tout à l’heure.

Vous êtes prêts ?


1.Le suffixe ouch

S’utilise aussi bien pour des mots normaux comme Sababa (qui devient donc Sababouch), Mami (qui se tranforme en Mamouch) que pour des prénoms. Par exemple, votre copine Sarah s’appellera Sarouch et votre amie Dana deviendra Danouch. C’est un suffixe affectueux qui, en plus de témoigner de votre amitié, témoigne de votre maîtrise de l’hébreu niveau confirmé. Un double effet Kiss-Cool pas désagréable. Enfin, pas désagréablouch.

Exemple :

– On va chez Gabouch demain soir, ok Mamouch ?

– Sababouch !

(Bon, j’en ai mis un peu trop dans l’exemple mais c’était pour vous montrer)


2. Iofi tofi

Vous connaissez déjà iofi (qui veut dire joli) (ceux qui avaient oublié, je ne vous félicite pas)/ Voilà une petite variante sympathique pour exprimer votre enthousiasme de manière encore plus appuyée. C’est un peu comme quand vous dites Bien joué Gégé ! (même si personne ne dit jamais ça, je sais). Ça rime et c’est facile. Que demande le peuple ?

Exemple :

– Tu sais quoi ? J’ai rencontré un mec super sympa et on sort ensemble depuis trois semaines !

– Iofi tofi !

(Je suis fière de vous, j’espère qu’avec celui-là ça va enfin marcher !)


3. Ta’hless

Un mot très important qui veut dire En vrai, pour être honnête, dis-moi la vérité. Quand quelqu’un met ta’hless dans une question, il attend de vous que vous rangiez votre langue de bois bien au fond de votre poche avec votre kilo d’agurot (débarrassez-vous de cette monnaie, enfin !). De la même manière, si vous avez quelque chose de sérieux et d’important à demander, utilisez ta’hless. Réponse appropriée garantie. Glissez ce petit mot dans vos phrases affirmatives, ça marche aussi.

Exemple :

– Il paraît qu’Eva va avoir un enfant avec Yoni.

– C’est vrai ? Mais quelle idée ! Ta’hless, j’ai jamais compris ce qu’il lui trouvait.

(Moi non plus, d’ailleurs)


4. ‘Haïm shéli

Littéralement Ma vie. Mais ne vous y trompez pas. N’importe qui peut vous appeler ‘Haïm sheli, même une nana qui vous bouscule dans la rue. Après, vous pouvez aussi appeler comme ça l’élu(e) de votre cœur. Mais c’est tellement cliché ! Et puis vous n’êtes pas du genre à donner dans ce registre cucul la praline, je vous connais (sauf toi, là, je te vois). Ne vous étonnez donc pas quand de parfaits inconnus vous appellent ainsi et n’attendez pas une demande en mariage juste après, ce serait bien trop prématuré.

Exemple :

– Euh, j’étais dans la queue avant toi, là

– Pardon ‘Haïm shéli, vas-y passe !


5. Ein ma lâssote

Littéralement, Il n’y a rien à faire. Vous pouvez l’utiliser quand une copine vous raconte sa vie qui est décidément une succession de malheurs, quand vous avez la dalle et que votre frigo est vide, quand vous aimeriez sortir mais que vous n’avez pas une tune. S’accompagne d’un haussement d’épaule, d’un bris de cœur, d’un regard de chien battu (au choix ou combiné). Cette expression est là pour exprimer le désespoir, la fatalité et, pire encore, la résignation. Mais vous n’êtes pas forcé d’être ashkénaze pour vous en servir.

Exemple :

– Chabbat c’est demain et j’ai rien de prévu. En plus, tout le monde est parti, je n’ai personne à inviter

– Ein ma lâassote !

 


6. Sof sof

Littéralement Fin fin. En vrai, veut dire Enfin ! Exprime le soulagement, la délivrance (la première qui se met à chanter la Reine des Neiges prend une heure de colle) et la fin d’une attente insoutenable. Marche donc : au supermarché, à la banque, au Misrad Hapnim, à la poste, au restaurant et tout autre endroit où on prend votre patience en otage. Comment ça, « partout » ? Vous n’avez pas totalement tort… Bienvenue en Israël !

 Exemple :

– Ça y est, Alex a accouché !

– Sof sof ! On n’en voyait plus la fin de sa grossesse


7. Ma ata omèr / ma at omérèt

Littéralement Qu’est-ce que tu dis (respectivement au masculin et au féminin). Vous pouvez bien sûr utiliser cette phrase quand vous n’avez pas compris une phrase (Vous pouvez répéter la questioooonnn ?) mais ce n’est pas trop l’intérêt. En slang, ça veut plutôt dire Qu’est-ce que tu racontes ? Je te crois pas ! Arrête tes conneries ! et autres variantes relatives à votre étonnement le plus total. Accompagnez cette phrase de vos yeux les plus ronds et de votre bouche la plus béante. Mais pas trop quand même, vous risqueriez d’avaler le Kotel.

Exemple :

– Tu sais que le cours du shékèl a encore augmenté ? On est à moins de 4 euros pour 1 shékèl

– Ma at omérèt, c’est pas possible ?

(On n’y est pas encore mais on est bien partis pour. C’est vraiment chaud en ce moment pour les touristes)


8. Ésser

Vous vous rappelez de la note que vous aimiez avoir en CP ? Me demandez pas en dictée ou en maths, on s’en fout. C’est pas le sujet. La note que tout élève rêve d’avoir, c’est un 10/10. Et 10, en hébreu, ça se dit Ésser. Alors forcément, quand vous dites Ésser, ça veut dire Génial, royal, top. Pas que vous allez rapporter un bon bulletin à vos parents (vous avez passé l’âge) (ou alors j’ai des lecteurs très très jeunes).

Exemple :

– Mercredi tu viens à la maison, on se fait une pédicure, on va manger des sushis et puis on va voir un concert au Café Bialik !

– Ésser !


9. Malka

Un mot très important qui signifie littéralement Reine (les mecs, prenez bien note et n’hésitez pas à le sortir à votre copine, elle le mérite). En slang, quand quelqu’un vous dit ça, c’est que vous êtes une reine parce que vous avez fait quelque chose de génial pour l’aider, que vous avez organisé la meilleure fête du monde, que vous lui avez avancé 200 shekels sans broncher… la liste des actes de bravoure potentiels est encore longue.

Exemple :

– Pendant que tu passais Chabbat à Tel Aviv chez ton mec, moi je suis restée à la maison et j’ai fait le ménage.

– Malka ! T’es vraiment une super coloc, merci !


10. Lâassote ‘haïm

Littéralement, Faire la vie. Ça ne veut pas dire grand-chose, je sais. En slang, ça veut dire Profiter de la vie, faire la fête, kiffer la vibes comme dirait notre copine Diam’s qui, depuis, a décidé de troquer son peau de pêche bleu acheté chez H&M contre un beau voile intégral. Mais pardon, je m’égare, pardonnez-moi. Employez donc cette expression quand vous parlez de kiff.

Exemple :

– Demain je vais voir un pote qui habite dans un kibboutz, il m’a prévu un super programme !

– Génial, tu vas bien lâassote ‘haïm alors !


11. Léhé’hol sratim

Littéralement, Manger des films. Le genre d’expression bien visuelle qu’on ne risque pas d’oublier tant elle est drôle. En slang, cette expression s’applique aux personnes qui ont toujours tendance à en faire des tonnes en mode tragédie grecque. Bref, les Caliméro, les gens qui font du cinéma tout ça pour que vous les écoutiez et les plaigniez alors qu’en fait tout va bien dans leur vie. Si vous cherchez le terme en anglais, c’est Drama Queen (vous m’excuserez, je commence à m’ouvrir à l’exportation).

Exemple :

– Tu sors ? Tu vas où ?

– Chez une copine, elle se sent pas bien. Elle va encore me léhé’hol sratim alors qu’elle s’est juste cassé un ongle, ça me fatigue d’avance…

(Bah venez plutôt à la maison alors, j’ai fait des gaufres)


12. Yallah bye

Avez-vous remarqué à quel point on a du mal à trouver le bon terme pour clore une conversation téléphonique ? Bisous. Salut. Ciao. A demain. Bye bye. Je te rappelle. Enfoiré, je veux plus jamais entendre parler de toi. A bientôt. Je passe sous un tunnel. Je t’embrasse. En Israël, c’est hyper simple, on dit juste Yallah bye, littéralement Allez salut. C’est pas compliqué et au moins ça résout nos dilemmes internes qui nous pourrissent la vie.

Exemple :

– Bon alors on se voit ce soir à Port Saïd, super

– Yallah, bye !

Si vous êtes sages, je vous en reparle à la sortie des cours…

Voilà ! J’espère que ce petit cours vous a bien aidé.

A chaque leçon je reçois de plus en plus de sollicitations d’entre vous qui me demandent si je peux donner des cours ou s’il y a des formations du même genre. C’est pour cette raison justement qu’au début de cette leçon je vous parlais d’Oulpan Cheli.

S’il y en a un parmi tous que je peux vous recommander, c’est bien celui-là. L’Oulpan shéli est top : des cours, des horaires et des lieux flexibles qui s’adaptent à vous. En bref, l’oulpan ‘haval al hazman que vous attendiez et qui vous donnera envie de vous (re)mettre à l’ivrit. Cerise sur le gâteau ? C’est gratuit si vous avez fait votre Alyah après mars 2015 ! Plus d’infos ? C’est par là : http://oulpansheli.org ou demander des renseignements en remplussant le formulaire ci-dessous.

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Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
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