Not in my Exodus

Jonathan Curiel

JONATHAN CURIEL

Tout d’abord, je commencerai mon nouvel article par des remerciements.
Oui, mon père séfarade et ma mère ashkénaze m’ont toujours appris à dire merci.
Comme quoi, on peut encore trouver des points qui nous unissent, là où d’autres préfèrent voir les points qui nous différencient.

Alors merci.

Merci à tous les bien-pensants qui me donnent l’envie d’écrire, encore et encore, quand je n’ai pas forcément trouvé l’inspiration sur d’autres sujets, afin de pouvoir communier avec vous.

Déjà, dans mon dernier article, je revenais sur ces bien-pensants qui parlaient de terrorisme juif ou de « Daesh » juif après l’acte odieux de ce pseudo-religieux qui poignarda des personnes, dont une à mort, lors de la Gay Pride de Jérusalem, et l’assassinat du bébé palestinien dans sa maison, bafouant au passage la présomption d’innocence, puisqu’à l’heure ou sort cet article, l’enquête n’est pas encore terminée et surtout, personne n’a été encore interpellé, ni jugé.

Un peu comme les irréductibles Gaulois, les bien-pensants sont de retour dans une nouvelle aventure : la comparaison de l’exode actuel des migrants qui chaque jour occupe une grande partie de nos journaux télévisés, avec celle du Peuple Juif un peu partout sur cette Terre, depuis le début de notre existence.

Ces migrants actuels venus de Syrie, d’Irak, d’Erythrée, d’Afghanistan, de Lybie et j’en oublie. D’ailleurs quel est le point commun de tous ces migrants, pour une grande majorité musulmans, arrivant chaque jour plus nombreux sur les côtes européennes ?

Ce point commun, c’est l’islamisme radical. Et oui, des musulmans chassant d’autres musulmans.
Je préfère préciser, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », citation qui servira de fil conducteur tout au long de mon article qui, je l’espère, trouvera grâce à vos yeux.

Ces bien-pensants, comme vous l’aurez constaté, qui aiment si bien pratiquer le plaisir sadique qu’est l’autoflagellation.
Aussi, ont-ils partagé sur leur profil Facebook, pour la plupart, massivement l’image terrible du petit enfant échoué sur cette plage turque, et dont l’honnêteté intellectuelle voudrait préciser que cet enfant n’est pas mort parce qu’il a fui les zones de combats, car sa famille l’avait fait quelques années auparavant mais, en résumé,  pour des soins dentaires.

Et, ce n’est pas AlyahExpressNews ou JSSNews qui le disent, mais le Wall Street Journal* ; ce qui n׳enlève rien au drame, bien évidemment.
Les mêmes qui t’avaient attribué une image de héros de Walt Disney sur Facebook…

Enfin j’me comprends.

Ces bien-pensants s’appuyant d’abord sur notre Sainte Thora, pour t’expliquer que le juif était aussi à la place de tous ces hommes, femmes et enfants : « Souviens toi que tu as été un migrant ».

C’est vrai, sans doute le premier exode du Peuple Juif, celui où les Juifs quittèrent le monde de l’esclavage en Égypte, pour le pays de Canaan qui deviendra ce qu’on appelle aujourd’hui Eretz Israël.

Ces bien-pensants, occultant le fait que Pharaon dirigeait alors l’Egypte antique, et de préciser que ce n’était pas des hommes qui étaient retenus en esclavage, mais bel et bien des hommes parce que JUIFS.

Ensuite, le bien-pensant te prend comme exemple la Russie, dirigée successivement par les comparses Lénine et Staline, avant et après les révolutions bolcheviques, où là encore, ce n’était pas des hommes qu’on chassait ou tuait, mais encore des hommes parce que JUIFS.
Le bien-pensant continue alors sa démonstration avec l’époque nazie, où là encore, ce n’était pas des hommes qu’on chassait, pour ne pas dire exterminait, et dont certains, peu nombreux, eurent la chance de se sauver ou d’être cachés, c’était des hommes parce que JUIFS.
Le bien-pensant toujours dans son élan, n’ayant peur de rien, te compare encore la situation des migrants actuels à celle des Juifs  d’Afrique du Nord dans les années 60. Mais là encore, on ne chassait pas des hommes, on chassait des hommes parce que JUIFS.

Le seul point commun et parallèle possible entre la barbarie sous l’occupation nazie et celle actuelle que les migrants essayent de fuir, est simplement le fait que la Communauté Internationale savait et qu’elle a laissé faire jusqu’au jour où….

Alors, arrêtons un peu de blâmer les conséquences, et agissons plutôt sur les causes.

Qui peut dire aujourd’hui qu’il ne savait pas ?

* http://t.co/SHZpt7DvEO

Jonathan Curiel

Jonathan Curiel

Correspondant de Roots Israel en Roots l'Haaretz.
Polémiste, objecteur de conscience pour les uns, et pour les autres, empêcheur de tourner en rond et rond petit patapon.
Jonathan Curiel

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