Pécho en ligne et en hébreu : guide de survie

Noya

NOYA


Bon, le mieux quand on se rencontre c’est d’être à la plage et en vacances.

Mais voilà, quand on vit en Israël, on ne passe pas tout son temps ni à la plage, ni en vacances (surtout quand on n’habite pas à la mer) (comme moi, par exemple).
Comme on étudie à l’oulpan le matin, qu’on travaille pour gagner des sous l’après-midi et qu’on fait ses devoirs le soir, le seul moyen possible de rencontrer des gens c’est donc de regarder sur Internet.
Tinder, JSwipe et OK Cupid sont les trois applications en vogue par ici qui permettent de dénicher un potentiel amoureux.

Mais attention, il y a certaines choses à savoir quand on met un pied dans l’engrenage. Suivez le guide pour ne pas vous laisser submerger.


Tout d’abord, téléchargez Google Translate sur votre iPhone au cas où ce ne serait pas encore fait. C’est absolument indispensable si :

–       – vous avez encore du mal en hébreu (patience, ça va venir)

–     – vous avez la flemme d’écrire des phrases entières (je vous comprends, moi ça me prend des heures)

–      – vous avez séché tous vos cours d’oulpan (je ne vous félicite pas)

–      – vous chopez exclusivement des Russes (auquel cas je ne peux rien pour vous)

L’avantage de Google Translate c’est que ça vous permet de comprendre plus vite les descriptions des mecs bavards qui écrivent des tartines sur leur profil. C’est aussi pratique quand vous ne captez pas les messages qu’on vous envoie. Et enfin, ça peut vous sauver la vie quand vous avez oublié un mot de vocabulaire ou un verbe (pour mémoire, « fils de p*** » ça se dit « benzona »).


Quand vous créez votre profil, c’est un peu comme en France : il faut vous vendre. Dans la description, précisez que vous êtes Française (+10 points), que vous parlez hébreu (+5 points), que vous êtes romantique (+2 points), que vous adorez cuisiner (+25 points) et que vous êtes libre ce soir (+50 points). Mettez des photos où vous êtes à votre avantage sans non plus étaler toute la marchandise avec des photos de plage, sauf si bien sûr vous tenez à attirer tous les morts de faim du pays. N’oubliez pas d’être directe et d’expliquer clairement ce que vous cherchez. Ici on n’a pas le temps de disserter trois heures sur vos ex, votre idée du grand amour et votre conception du mariage. Pour le moment, on cherche une affinité.


Quand vous serez sur le marché (si vous me permettez cette expression quelque peu prosaïque), il se peut que vous receviez des dizaines de messages d’individus plus ou moins attractifs.
Première pièce pour juger : les photos. Attention, danger : les mecs qui mettent des photos d’eux avec un chien et qui diffusent de manière sous-jacente le message « Regarde, je suis un gentil garçon » ne sont pas pour autant des enfants de chœur !

Même s’ils ont l’air gentil et innocent comme ça, ne vous faites pas avoir. C’est une pratique extrêmement mesquine qui peut dissimuler un coureur de jupons professionnel. (Note : vaut aussi pour les photos avec un chat, une nièce ou un livre). La plupart du temps, il y a plusieurs photos pour mieux apprécier la plastique du spécimen. Parfois ça permet de confirmer une impression, parfois ça permet de se rendre compte que la première photo avec la bouche fermée cachait en réalité une dentition de cheval sur la deuxième. Oui, je sais, ça fait mal quand on s’en rend compte. Au suivant, comme dirait ma mère.
Zappez ceux qui ne mettent que des photos de leurs abdos, soyez prudente avec ceux qui ne posent qu’avec des lunettes de soleil et oubliez ceux qui trichent.

Une fois cet écrémage fait, vous pouvez vous attarder sur les descriptions qui, en général, sont assez succinctes et vont droit au but. Parfois c’est en hébreu, parfois c’est en anglais. Parfois c’est même les deux. Mais ça ne veut pas dire pour autant que le mec est traducteur, ça veut juste dire qu’il veut mettre toutes les chances de son côté et choper aussi bien des locales que des touristes. Dans ce cas, attendez-vous à recevoir des messages parfaitement calibrés résultant d’un astucieux copier-coller. Il y en a qui ne plaisantent VRAIMENT pas avec la drague, c’est moi qui vous le dis.


Au bout de quelques heures (quelques minutes si vous êtes vraiment éblouissante et spirituelle), vous allez recevoir des messages.
Généralement, c’est tout le temps la même chose, en l’occurrence : « Salut, comment ça va ? », « On peut faire connaissance ? », « Joli sourire » et autres banalités d’approche. C’est comme ça qu’une conversation s’engage. La suite est assez ordinaire : ce que chacun fait dans la vie, où on habite, d’où on vient, ce qu’on aime faire… Rien de bien grave. Ensuite on se donne les numéros de téléphone et on s’appelle ou on s’envoie des textos.

L’avantage du téléphone c’est qu’il permet de savoir si votre correspondant n’a pas la voix de Farinelli. C’est aussi un bon moyen de tester vos capacités en compréhension et expression orale. On ne le répètera jamais assez : ils parlent vite alors concentrez-vous. Généralement, c’est au téléphone que se décide un potentiel premier rendez-vous. Et c’est là que je dois vous prévenir si toutefois vous l’ignoriez encore : pour nos amis les Israélos, qui dit premier rendez-vous dit premier passage à la casserole. N’imaginez pas qu’il va vous emmener boire un verre puis dîner et ensuite vous raccompagner gentiment chez vous. Dans la tête de votre interlocuteur, ce n’est pas comme ça que ça se passe. D’abord il veut voir si vous êtes compatibles (horizontalement parlant, s’entend) et après, peut-être qu’il aura envie de savoir ce qu’il y a dans votre tête. Mais pour le moment, ce n’est pas le contenu de votre boîte crânienne qui l’intéresse le plus. Alors un conseil : dites-lui tout de go que ça ne marche pas comme ça chez vous et proposez-lui plutôt une promenade. Ou une glace. Mais interdiction d’aller chez lui.

Le reste ? C’est à vous de jouer ! Comment vous habiller ? Faut-il parler en anglais ou en hébreu ? Quel parfum de glace choisir ? On vous laisse faire… Ou alors on vous en parle une prochaine fois !


Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
Noya

Laisser un commentaire