Un article du journal Le Monde avait retenu mon attention:

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/07/15/le-compte-a-rebours-avant-la-prochaine-confrontation-israelo-palestinienne-a-deja-commence_4457496_3218.html

Cet article de Benjamin Barthe tente de comprendre pourquoi le conflit se répète, et à sa lecture, je suis perplexe.

Tout y est faux?

Non.

Il y a bien sur des éléments vrais, mais certains autres faits sont totalement mis de côté, des faits pourtant fondamentaux pour comprendre la situation et permettre au lecteur de se faire sa propre opinion.

Car l’auteur de l’article du Monde pose la question:


confusionpublic


On l’aura compris, le public est maintenu dans la confusion, et Barthe va nous éclairer, et de quelle manière.

Il annonce tout de suite la couleur:


ONGgisha


Pour soutenir son argumentaire, il cite une ONG israélienne, Gisha, sans préciser qui ils sont. Gisha est pourtant une ONG non neutre, israélienne, mais surtout pro-palestinienne. Elle avait décidé, avec d’autres ONG, de reconnaitre symboliquement l’Etat Palestinien. Barthe a parfaitement le droit d’utiliser cette source, mais il se devait de préciser qui ils sont. C’est comme si le New York Times se référait au position d’Olivier Besancenot pour décrire la situation en France.

Tous les éléments précisés sur les pans de la vie des Gazaouis contrôlés par Israël sont des éléments du blocus israélien.

Et Barthe poursuit:


blocusvioloslo


Mais ce qu’omet de préciser Benjamin Barthe quand il parle du contrôle de l’espace maritime est que le blocus de la bande de Gaza a été jugé comme… légale par le rapport Palmer de l’ONU.  

De plus la zone tampon sert à éviter que ces zones servent de zone de lancement pour les roquettes (on le comprend bien en ce moment), ce qui correspond tout à fait à l’application du droit international pour lequel un état peut utiliser ces moyens pour protéger sa propre population. Cet élément aurait aussi du être apporté pour donner tous les éléments de compréhension aux lecteurs.

Par la suite l’article de Barthe nous explique: 


expertdroitinter


Encore faux, d’une part de facto, Israël n’est plus sur le territoire, c’est pour ça que les Israéliens demandent un changement du statut de Gaza, de celui de territoire occupé (ce qui n’est plus le cas sur le terrain) à celui de territoire sui generis, correspondant au fait que le territoire a été vidé de la présence israélienne. Et surtout, concernant les obligations humanitaire d’Israël, les autorités n’ont jamais cessé la fourniture de biens et de produits vers Gaza. À tel point qu’une roquette tombée sur des installations électriques en Israël… a coupé l’électricité à Gaza, démontrant ainsi qu’Israël fournissait bel et bien Gaza. Mieux encore, les Israéliens ont pris sur eux de risquer leur vie afin de réparer ces installations.  

A la fin de cet article, Barthe tente de rééquilibrer en pointant les reproches à faire au Hamas, mais la lecture laisse cette conclusion: Israël est coupable.


Hamasresponsabl


Pire, reprenant un article du Times of Israel (que je n’ai pas retrouvé), Barthe affirme que Netanyahu refuse la création d’un état palestinien…


onestatethreestate


Pourquoi pas. Mais Barthe aurait pu avoir l’honnêteté de citer un autre article, de Haaretz du 15 juillet 2014 qui affirme exactement le contraire http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.605149

Je pourrais continuer, mais la question est “Pourquoi des omissions aussi graves pour comprendre la complexité d’une situation”?

C’est alors que l’on m’a mis sur la voie.

La femme de Benjamin Barthe.

Car Benjamin Barthe, qui est le chef du bureau sur le Moyen Orient au journal Le Monde est marié avec Muzna Shihabi.

Hors elle est loin, très très loin d’être neutre. A quel point? Au pire point.

Elle a étudié à l’université palestinienne de Birzeit et a tout simplement travaillé pour le gouvernement palestinien comme le rappelle son CV disponible sur internet


institut

http://www.inclusivesecurity.org/network-bio/muzna-shihabi-barthe/ 

et 

linkedin


http://www.linkedin.com/pub/muzna-shihabi/24/5b2/9a8

Elle a donc travaillé en plusieurs occasions pour les Palestiniens et en particulier pour le ministère des affaires étrangères de l’Autorité Palestinienne.

Plus grave encore, elle apportera son soutien à la chaîne de télévision du Hezbollah, considéré comme terroriste,  Al Manar en signant une pétition, au côté du Prêtre Michel Lelong, intégriste catholique et soutien du négationniste Garaudy, de Mondher Sfar, écrivain antisémite et negationniste, et Ginette Skandrani, proche de Dieudonné et ayant participé avec Sfar a des publications negationnistes, comme on peut le voir dans un commentaire de cet article où son nom figure en 37ème position:

signaturealmanar

http://tunisitri.wordpress.com/2010/06/17/«-al-aqsa-tv-»-apres-«-al-manar-»-pour-occulter-la-solution/

Cela fait il de Muzna Shihabi une négationniste? Non. Cela fait il d’elle une antisémite? Pas plus. Mais cela ne lui semble pas poser de soucis de voir son nom accolé avec des négationnistes et des antisémites afin de soutenir une télévision antisémite et anti-israélienne.

Mais ce n’est pas fini.

Car sur le twitter de Muzna Shihabi, on y retrouve des soutiens clairs à Gaza et propageant la propagande anti-israélienne affirmant qu’Israël chercher à tuer des palestiniens civils et en se définissant elle-même comme une civile palestinienne.

Muzshi

Les liens forcément très proche de Benjamin Barthe avec les Palestiniens posent un évident problème car si ce n’est pas un exemple manifeste de conflit d’intérêt, ça y ressemble beaucoup, et lorsque l’on traite d’un sujet aussi sensible que le conflit au Moyen Orient, c’est le genre de détails qui a son importance et son poids.

Imaginez un instant la situation inverse, si le responsable Moyen-Orient de ce journal écrivait des articles omettant de parler des difficultés des Palestiniens, et que l’on apprennait par la suite que son ou sa conjoint(e) avait travaillé pour le gouvernement israélien.

Il y aurait un tôlée, et à juste titre.

On est en droit de s’interroger sur l’objectivité de ce journaliste à qui Le Monde a confié un poste aussi délicat.

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