Petit précis de bienséance à l’usage des passagers des prochains vols Paris/Tel Aviv.

Sophie Taieb

Sophie Taïeb


Avez-vous remarqué, chers lecteurs, qu’avant un vol Paris/Tel Aviv, on est plus nerveux que tout autre vol ?
Un petit peu à l’aller parce que l’on part en Israël, et un petit peu au retour parce que l’on a les boules de rentrer. Mais surtout, si on est nerveux sur les vols Paris Tel Aviv, c’est parce que l’on ne sait jamais sur quel genre d’énergumène on va tomber. Religieux prosélyte ? « Expert en géopolitique » aux théories fumeuses sur le conflit ? Marieuse ? Famille nombreuse aux enfants turbulents ? Oui, à l’embarquement, on scrute tout le monde, en espérant tomber à côté du BBMR (beau brun mal rasé) qui a l’air seul. Et ça n’arrive évidemment jamais. Chers voyageurs, nous avons un message pour vous :

1. A la mère débordée qui n’arrive pas à calmer ses enfants.
On ne parle pas de bébés bien sûr, difficilement contrôlables. Non. On parle de gamins entre 5 et 10 ans qui ne font que se chamailler et taper dans le siège des passagers devant eux (souvent nous, d’ailleurs). Non, vous n’êtes pas maligne en répondant aux passagers qui demandent à vos enfants de se calmer que « oh c’est bon, ça se voit bien que vous n’avez pas de gosses ». Si vous voulez tout savoir, la mauvaise éducation des votres effectivement nous donne envie de doubler la dose de pilule. On se fiche de la méthode : ipad, lexo, menaces, chantage… mais par pitié, tenez vos gosses.

2. Au super religieux qui a décidé de sauver votre âme.
On a trouvé mignon que vous vous posiez les tefs au départ. Oui, c’est comme un goût du pays. Bon. On a moins kiffé que vous sortiez du saumon fumé non emballé depuis un sac auchan (que vous mangez avec les mains bien sûr), pour cause de problématique de cacheroute. Et on vous propose un deal : vous ne jugez pas notre mode de vie (bon on a peut être un tout petit peu exagéré pour vous provoquer), et on ne dit rien sur votre dégaine.

3. A ceux qui n’écoutent pas les consignes de l’équipage.
Voyant des ceintures allumées = ceintures fermées, passagers assis.
Survol de l’espace aérien israélien : passagers assis.
Cela évitera aux hôtesses de lever les yeux au ciel en se demandant pourquoi c’est TOUJOURS et UNIQUEMENT sur les vols Paris / Tel Aviv que les passagers sont si rebelles. Et cela évitera aussi de vous faire ceinturer et plaquer au sol par le BBMR sus cité.

4. Au mec qui a tout compris au problème de Gaza.
Au début, on vous trouvait sympa, avenant. Alors on a commencé à parler, et là, vous vous êtes emballé. Soit sur la politique, soit sur le retour de Sarkozy, soit sur la situation à Gaza. Souvent les 3. Et vous voulez être certain que tout l’avion vous ait entendu, parce que oui, bien sûr, Gaza, il faut creuser une tranchée et bétonner tout ça, comme ça ils pourront plus faire de tunnels. Ou les encapsuler sous un dôme de verre. Bien sûr.

5. A l’adolescent et ses potes.
Arrête. Arrête de faire des phrases avec des mots hébreux, français, arabes, en parlant avec un accent que même nos parents n’ont jamais eu. Mets les écouteurs quand tu écoutes de la musique. Dis bonjour, merci, tout ça, tu vas voir, c’est top. Et présente nous ton grand frère.

Vous savez quoi ? On vous aime quand même, car les vols ne seraient jamais les mêmes sans vous. Et puis les vols Paris/Tel Aviv, ce sont aussi les personnes âgées qui partagent avec nous leur histoire et des bonbons à la menthe, des personnes qui vont en Israël pour la première fois, des gens qui font leur aliya… c’est vous, c’est nous… et on a hâte de vous voir débarquer !

Sophie Taieb

Sophie Taieb

Le vrai plaisir des bons plans, c'est de les partager. Voyageuse invétérée à la soixantaine de pays à mon actif, curieuse de tout, je compte bien vous emmener avec moi dans mes pérégrinations. Une cabane dans le désert au milieu des kangourous ? A la quête de la méthode ultime pour baragouiner l'hébreu ? La quête du gefiltefish comestible ? Sur ce coup, on sera ensemble amis lecteurs. Installez-vous confortablement, le voyage commence ici.
Venez, je vous emmène...
Sophie Taieb

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