R.S
R.S

Ce que ne peut pas dire Bibi, bibi le dit!

J’aurais pu tourner ça un peu plus joliment, mais après tout, cela me permet d’entrer directement dans le vif du sujet .

Tu l’as toi aussi certainement entendue, si tu vis en Israël, cette gronde sourde à l’encontre de Binyamin Netanyahu, qui, selon un sondage paru lundi dernier sur Arutz 2, est passé sous la barre des 40% d’opinions favorables contre plus de 80% en début juillet.

Lors de sa conférence de presse ce dimanche, le premier ministre en a davantage profité pour régler ses comptes politiques qu’à expliquer la stratégie du gouvernement face au refus du Hamas de cesser ses tirs. Ceux qui ont vu son intervention du mercredi à 20h30 seront d’accord de dire qu’il ne nous donne pas plus d’information sur la stratégie actuelle du gouvernement vis-à-vis du Hamas.

C’est justement ce qu’on lui reproche en Israël et les habitants du Sud en sont les porte-paroles partout dans les médias. J’imagine que tu penses de même, et tu n’es pas le seul.

La question est: « que devrait-il faire autrement? »

Les raisons de l’arrêt des tirs du Hamas.

Analysons les raisons de l’arrêt des tirs du Hamas dans la nuit de mardi à mercredi; Premièrement, les milliers d’obus et de missiles qui se sont abattus sur Israël ne poussent pas dans les tunnels sous Gaza comme des carottes. L’armée a, de plus, détruit plusieurs centaines de munitions et de missiles. 

Les assassinats ciblés ont une réelle efficacité et sèment un véritable trouble dans l’organisation terroriste elle-même; j’y reviendrai plus bas. Mais ne nous leurrons pas, l’idéologie du Hamas, elle, ne peut être vaincue par les seules armes d’Israël.

Une 3ème Intifada ? 

Deuxièmement, nous assistons, depuis le début de l’opération Bordure Protectrice, à une recrudescence des violences en Judée-Samarie et dans certaines parties majoritairement arabes en Israël. 

Cependant, nous sommes loin d’une troisième intifada; et puisque rien ne peut permettre d’affirmer que Mahmoud Abbas contrôle sa zone, il faut bien reconnaître que la majorité des Palestiniens ne veut pas entrer dans une confrontation généralisée. 

Ainsi, le Hamas, pragmatique, préfère se réorganiser et se réarmer, tant qu’il n’est pas sûr que les frères de Bethléem, Haïfa, Jérusalem, Hébron et Ramallah ne seront pas prêts à 100%. 

C’est pour cela, que malgré la trêve, il faut continuer les assassinats ciblés, et pour ce faire, il ne faut pas en parler.

Etat Islamique et communication du Hamas

Le Hamas a décidé de respecter le cessez-le-feu, aussi parce que l’agenda de l’Etat Islamique a eu un effet désastreux sur son plan de communication.

L’opinion des mécréants, d’Europe ou d’ailleurs, n’a jamais empêché un terroriste de dormir, mais elle doit être prise en compte par nécessité… Les fameux « idiots utiles ».

Et là, des amalgames malheureux pouvaient se faire dans la tête de certains esprits perméables à la propagande du «système» de l’axe américano-sioniste, à savoir, que Hamas, Al-Qaïda, c’est kiff-kiff bourricot… La banale vérité, quoi…

Peut-être que pour se faire pardonner, les potos d’Al-Qaïda Syrie ont bombardé Israël ce mercredi… Qui sait?

Une guerre d’usure

Donc, nous l’avons compris, une guerre d’usure, dont la dernière opération était un épiphénomène, a bien lieu. D’une perspective plus large on s’aperçoit assez facilement,  que cette celle-ci a débuté dans les années 1920.

Il faut reconnaître que ses ennemis n’ont négligé aucun moyen dans leur lutte contre Israël.

Désormais, nous vivons à l’ère des missiles, notre doctrine de défense semble l’avoir bien assimilé, comme l’a démontré l’intervention du général Yaakov Amidror mardi soir, toujours sur Arutz 2. A la nation de s’adapter et c’est le fort du peuple juif que d’y parvenir. 

Même si tous les ans il faut faire une importante incursion terrestre pour faire taire nos voisins,Tsahal peut le faire et il est évident que cela ne jouera qu’en la défaveur du Hamas, car les Gazaouis ne les soutiendront pas avec leur sang et leurs âmes ad vitam aeternam. 

Alors il ne reste que la bonne vieille recette qui consiste à continuer à tirer après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, puis à parader, notamment à Beyrouth (!), en criant victoire sur l’ennemi sioniste; « wallah, ils sont forts! »

Politique d’assassinats ciblés

Bibi a très certainement donné l’ordre aux services de renseignement de continuer les assassinats ciblés, car c’est la seule tactique qui a démontré une certaine efficacité à terme, même si le prix à payer sera des campagnes de salves en réplique. Mais il vaut mieux des actions désordonnées qu’une opération sur une large échelle préparée au calme. 

Ainsi, le chef du gouvernement, pour des raisons évidentes, ne va sûrement pas ce mercredi soir étaler au grand jour la stratégie adoptée. 

Et même si Netanyahu avait consenti à cette trêve, avec l’ordre aux renseignements de ne plus mener d’opérations ciblées contre des leaders opérationnels du Hamas, du moment que le flux des armes à sa destination puisse être relativement contrôlé – le Hamas n’ayant pas réussi pour l’instant à nous faire accepter un port et un aéroport -, le temps de calme est toujours un temps de gagné pour Israël.

Là encore, Bibi n’avait rien à dire devant les caméras.

Ne peut-on pas les laisser chanter victoire en se vautrant eux-mêmes dans leurs mensonges quand ils parlent en même temps de «génocide»? N’est-ce pas la meilleure communication qu’ils puissent avoir vis-à-vis de la population palestinienne afin que celle-ci s’écarte d’eux? Mais tu vois, je m’égare un peu…

Les Israéliens ne sont peut-être pas prêts aujourd’hui à entendre que la guerre d’usure a débuté il y a près d’un siècle, sans jamais cesser, mais au fond,  chacun d’entre eux le sait. 

Quelle réponse à long terme ? 

Le problème n’est pas ce que peut faire l’Etat d’Israël, à travers l’action de son premier ministre ou de son armée, car la réponse en fin de compte est : «  rien à long terme ».

Nous sommes condamnés à nous défendre constamment, jusqu’à ce que nos voisins acceptent notre présence. C’est un facteur totalement indépendant de notre volonté, excepté sur un aspect: la société israélienne, en rejetant le racisme et en défendant ses principes démocratiques, utilise son unique moyen de persuader les Palestiniens et les Arabes qu’ils font l’objet d’un lavage de cerveau concernant les Juifs, et les Israéliens en particulier.

Mais à part cela, nous devons nous résoudre à demeurer constamment sur la défensive d’un point de vue stratégique, ce qui signifie qu’une union inébranlable est indispensable.

Cette unité du peuple ne peut s’effectuer en se balançant des anathèmes ou en reprochant à Bibi d’adopter l’attitude la plus rationnelle possible dans le contexte actuel.

Il l’a dit mercredi soir, lors de son intervention: le Hamas n’a rien obtenu, nous avons obtenu qu’il cesse ses tirs. 

L’été s’achève et il n’y a rien d’autre à dire.

(128)