Pourquoi l’antisémitisme se distingue du racisme?

Israel Tavor

ISRAEL TAVOR

« Mais pourquoi donc les Juifs s’entêtent-ils à vouloir se distinguer dans TOUS les domaines? »

Il m’est déjà arrivé d’entendre ce genre de reflexion plus ou moins bien déguisée derrière un « mais dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, pourquoi on sépare l’antisémitisme du reste? C’est pas un peu… raciste? » .

Car dans un esprit d’égalité républicaine de bon aloi, « au nom de quoi ces youp… euh, ces Juifs ne se fondraient-il pas dans la grande masse gloubiboulgaienne de l’antiracisme indistingué? »


Eh oui… toujours à vouloir faire les malins, nous sommes décidément incorrigibles.
– C’est quoi cette religion rien que pour vous?
– Et votre manger rien qu’à vous?
– En plus vous avez un pays rien qu’à vous? Et aussi une armée?
– Non?… vous avez aussi un racisme sur mesure?

Ça vous la coupe? Et même pas besoin de mohel…
On a même une xénophobie tellement particulière qu’on a même l’outrecuidance de ne pas vouloir la mêler aux autres.
En matière de snobisme, on fait fort.

Mais, comme pour le reste, il ne s’agit nullement d’un atavisme particulier nous poussant en permanence vers un soucis de distinction dans le but exclusif de vous exaspérer (quoi que…).


Que ça vous plaise ou non, factuellement, l’antisémitisme est profondément différent des autres formes de xénophobie.
J’aurais pu vous parler de sa durée dans le temps, de son intensité et de son entêtement, et tout cela serait parfaitement exact.
Plus encore que tout ça, c’est un point (non pas de détail pour le coup) qui rend l’antisémitisme si particulièrement unique.
Il ne repose sur absolument rien.

Le raciste classique pourra se reposer sur la couleur de la peau, une culture différente, une religion différente, un nom différent.
Un antisémite pourra continuer à vouloir mépriser un juif en costard baptisé à St Nicolas du Chardonnay qui ferait tous les apéros saucisson et pinard (même pas casher!) du monde.

Vous avez un doute?

Edith Stein, juive, baptisée catholique et qui a fini nonne… et à Auschwitz.
Et pas que dans le monde chrétien. Lorsque le sultan Mahmud de Ghazni voulu nuire à la réputation du philosophe Avicenne, il se fit un malin plaisir d’affirmer que sa mère était juive (ce qui n’était peut-être pas pas faux).

Et pourtant rien ne distinguait Avicenne de ses contemporains… ni la langue, ni la foi, ni les coutumes… rien.

Voilà en quoi l’antisémitisme se distingue des autres formes de xénophobie. 

Voilà pourquoi le traiter comme les autres, reviendrait à vouloir soigner le SIDA avec de la chimiothérapie: ça serait une erreur de diagnostic fatale.

Il n’y a pas besoin d’avoir une couleur différente, un nom différent, une culture différente, une religion différente, même pas besoin d’avoir un gros nez et des doigts crochus… Et oui, tout se perd.

L’antisémitisme, c’est le racisme passé en mode furtif.

Israel Tavor

Israel Tavor

Né entre l'Europe et l'Amérique, juste au milieu de l'Asie, Israel Tavor sort diplômé de neuro-physique quantique à l'Université du MIT à Harvard. Parti soigner des enfants malades en Afrique au Vietnam, il retire de cette expérience de vie un livre,qui deviendra un best seller, La Bible. Sentant l'appel du Moyen Orient, Israel Tavor vient s'y installer, qui, grâce à sa seule présence, est connu dans le monde entier sous le nom de "Terre Sainte". En son honneur, le pays a voté à l'unanimité un changement de nom afin de s'appeler comme lui. C'est à la fois sa sagesse et son savoir qu'il a décidé de partager avec nous... Merci à toi.
Israel Tavor

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