Pourquoi vos amis juifs se comportent bizarrement depuis quelques jours ?

Sophie Taieb

SOPHIE TAIEB


Vous avez remarqué que vos amis juifs sont un peu tendus en ce moment ? Qu’ils mangent trop de pain ? qu’ils passent leur vie à faire le ménage ? Voici quelques conseils qui vous éviteront tous les Pessah faux-pas !

 
Cher ami non juif,
 
La fête de pessah approche à grands pas, et voici quelques préceptes qui te permettront de survivre à cette semaine pas comme les autres.
 
1. C’est quoi pessah ?
Un peu comme toutes les fêtes juives, ça commence par l’histoire de quelqu’un qui veut nous exterminer, à la fin on gagne, et tous les ans on s’en souvient autour d’un bon repas. Les juifs, sortis d’Egypte à la va vite, n’ont pas eu le temps de préparer le pique-nique… et s’enfuirent donc avec du pain non levé. Résultat, 40 ans dans le désert, et une éternité à manger du pain azyme pendant une semaine pour s’en souvenir.
 
2. La semaine d’avant, il y a comme un courant d’air…
Pessah, autrement appelée « la pâque juive », se caractérise notamment par une semaine sans aliments levés. Ni pain, ni pâtes, ni croissants, ni pizza, ni (oui vous avez compris). Selon le degré de religiosité de vos amis juifs, certains iront jusqu’à tout acheter « cacher lé pessah ». Oui, même le dentifrice. La semaine d’avant, on nettoie tout ! Plus une miette de pain ne doit être dans la maison ! Notre « ménage de printemps », on le fait à Pessah. D’ailleurs tu sais que Pessah approche quand tu n’arrives plus à trouver une femme de ménage à Tel Aviv. Et quand tes collègues pendant une semaine se bourrent de pain et de croissants comme s’ils partaient en randonnée dans le désert (tiens donc…).
 
3. La semaine de Pessah.
Par solidarité, tu peux aussi te mettre au régime matsa. Par solidarité et gentillesse parce qu’entre nous, c’est pas terrible. Et son abus donne mal au ventre. Et c’est galère pour se faire des tartines. En revanche, qui dit Pessah, dit gâteaux de pessah. Pour la modique somme du double d’un gâteau normal, certains pâtissiers proposent des sucreries à base notamment de pâte d’amande. Non, ce n’est pas encore à cette fête que l’on perd du poids.
 
4. Liberté !
La sortie d’Egypte, c’est la libération du peuple juif avec des miracles dedans. D’esclaves, nous sommes passés à peuple libre… Alors ce n’est pas la semaine pour surcharger Sharon Boutboul de dossiers.
 
5. Si je suis invité pour un seder…
Si vous êtes invités à un repas de famille, déjà, prévoyez un en cas avant : pendant 10 à 100 minutes selon le degré de religiosité de vos hôtes, on va raconter l’histoire de cette sortie d’Egypte. Les 10 plaies, le dayénou, le « simisilénou », le plateau qui tourne au dessus des têtes… on ne mange qu’après ça. Le tout entrecoupé de « t’es sûr que c’est comme ça ? » « allez yallah on mange, demain il y a école » « tu me donneras ta recette du msouki ? ». Bref. N’arrivez pas affamé, et n’arrivez pas non plus repu, parce qu’après, c’est festin ! Et par pitié, n’apportez rien de comestible, des fleurs ce sera bien (et on évite les bouquets avec des épis de blé).
 
 
Toute l’équipe de Rootsisrael vous souhaite d’excellentes fêtes de pâques/pessah/printemps !

Sophie Taieb

Sophie Taieb

Le vrai plaisir des bons plans, c'est de les partager. Voyageuse invétérée à la soixantaine de pays à mon actif, curieuse de tout, je compte bien vous emmener avec moi dans mes pérégrinations. Une cabane dans le désert au milieu des kangourous ? A la quête de la méthode ultime pour baragouiner l'hébreu ? La quête du gefiltefish comestible ? Sur ce coup, on sera ensemble amis lecteurs. Installez-vous confortablement, le voyage commence ici.
Venez, je vous emmène...
Sophie Taieb

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