Sophie Taieb
SOPHIE TAIEB


Salut Roger.

On va pas se mentir.
Tes déclarations d’avant hier ont plus que gâché la fête.
En rajoutant une couche (oui tu en tiens une bonne) sur Europe 1 alors qu’on avait tous à peu près oublié tes déclarations disant que tu souhaitais voir le Pen père gagner en 2002, tu nous a tous mis dans une sacrée panade.

La question n’est pas de savoir si tu as raison ou pas de dire que “toutes les violences sont commises par les musulmans” (en l’occurrence c’est faux), le problème n’est pas que tu cites Fabius en disant que les musulmans sont les premières victimes de l’islamisme (demande aux familles des victimes de l’hyper cacher ce qu’elles en pensent). Le problème n’est même pas de savoir si Marine Le Pen est irréprochable ou pas. Personnellement, juridiquement, politiquement… non Roger, le problème n’est pas là.
Le problème, c’est que quand on est président du CRIF, le soir du dîner du CRIF, sur Europe 1 : il y a des choses que l’on ne dit pas.
Comme on ne parle pas de divorce à un dîner de mariage, comme on ne parle pas d’avortement à une copine qui nous annonce être enceinte, comme on ne parle pas d’accident d’avion dans un aéroport. C’est pourtant simple. On ne met pas dans la même phrase “Marine Le Pen” et “irréprochable”‘ sur une radio nationale, le jour du dîner du CRIF.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que c’est la “petite” phrase qui va être reprise partout, au détriment des mesures annoncées au dîner du Crif. Parce que cette “petite phrase” va diviser la communauté toute la journée sur les réseaux sociaux. Parce que ça oblige le président de la république à te faire “faire la paix” avec nos “amis musulmans”. Parce que tu nous as fait sentir comme des musulmans modérés de France, à tweeter “#notInMyName” toute la journée.
Roger. Aux yeux de l’extérieur, tu représentes l’ensemble de la communauté juive. Tu es notre reine d’Angleterre, notre pape (à peu près). Et à ce titre, ta communication se doit d’être irréprochable. 
On imagine bien que tes communicants se sont arrachés les cheveux depuis lundi, à essayer de rattraper cette petite phrase. Mais c’est déjà trop tard.
Oui on t’en veux Roger. Déjà que le dîner du CRIF, tous les ans, est sujet à railleries et autres insultes, il a fallu que tu éclipses tous les messages qui y ont été donnés par une petite phrase idiote. On l’apprend dans tous les cours de leadership : en communication, notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. 
Alors qui veut ta peau, Roger ? Tu t’es saboté tout seul comme un grand. Et pour la prochaine fois, si tu cherches une bonne agence de com’… n’hésite pas, on peut t’aider…

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