Si tu as des doutes avant d’Alyah là-bas…

Noya

NOYA


Le chiffre est tombé, ça y est. En 2014, ce sont pas moins de 7 000 juifs français qui ont décidé de faire leur Alyah. 7 000. Quand on sait que la communauté de l’hexagone compte entre 500 000 et 600 000 individus, ça fait… euh, ça fait… une très grosse proportion (désolée, je suis mauvaise pour calculer les pourcentages) (et ma Texas Instruments est cassée).
Et il y a fort à parier qu’en 2015, le chiffre sera égal ou supérieur. La tendance n’est pas près de s’inverser.
De toute manière, tu t’en es bien rendu compte : tout le monde se barre. Des membres de ta famille, certains de tes amis… Même ton hamster t’a confié son désir d’évasion. Alors forcément, toi aussi ça te travaille un peu. Parfois beaucoup, parfois moins. Mais une chose est certaine : tu as des doutes. Faire son Alyah ou pas ? Telle est la question. 

Lao Tseu a dit « Apprenons à vivre avec nos incertitudes ». C’est plutôt rassurant, non ? Loin de nous l’idée d’une reconversion bouddhiste mais c’est pour te montrer qu’il n’y a pas de mal à hésiter. C’est humain. Il ne faut pas croire que tous les olim se sont réveillés comme ça un matin en se disant  » Tiens, et si j’allais vivre en Eretz ? Li la li la loum… Où est ma valise Delsey ultra légère ? « . Alors oui, c’est vrai que certains bouclent leur dossier en moins d’un mois mais ce n’est pas recommandé. Prendre son temps, c’est important. Souviens-toi de la fable du lièvre et de la tortue. 
 
Et puis à quoi bon se presser ? Renseigne-toi, va assister à une des réunions de l’agence juive pour te faire ton idée…  Si ça se trouve ça ne va pas te plaire et tu vas te sauver comme un lapin ! Et si ça se trouve tu vas adorer. On peut pas savoir. Et en cas de vrai gros dilemme insoutenable, n’hésite pas à appliquer la bonne vieille méthode du tableau. Une colonne avec les arguments pour partir et l’autre colonne avec les arguments pour rester. Remplis au fur et à mesure, sois honnête avec toi-même, inscris toutes les choses (même celles dont tu as honte), pèse tes idées… Et au bout d’un moment, de quelques heures ou de quelques jours, tu verras peut-être une colonne plus fournie que l’autre. Ou pas.
 
Fatigué de débattre avec toi-même ? Tu peux en parler autour de toi. Mais attention, sois prudent quand tu discutes avec les gens de ton entourage, car il y aura à boire et à manger. Tu vas entendre tout et son contraire, des histoires merveilleuses ou, à l’inverse, des cauchemars éveillés. Chacun a sa petite anecdote, son moment de gloire ou d’angoisse.
Prends tout avec des baguettes (non non, on n’est toujours pas bouddhistes) et souviens-toi que chacun a son histoire, ses circonstances, sa vie, ses projets et ses désirs. Quelles sont tes aspirations à toi ? Que veux-tu réellement ? Pour une fois dans ton existence, joue-là comme Jacques Dutronc : « Et moi, et moi, et moi ». Tu peux écouter les rumeurs, les témoignages, les récits… Mais ne perds pas de vue que ton expérience, c’est toi seul qui la construiras. Et personne n’est habilité à décider à ta place. 
 
D’ailleurs, personne n’est habilité à te juger non plus. Quand tu confieras tes hésitations et que tu te heurteras à des réactions disproportionnées ou pas très sympas (voire les deux), reste calme et explique à la personne en face de toi que ce temps de réflexion t’est nécessaire, que c’est normal de se poser des questions et que ça ne sert à rien d’essayer d’influencer ton choix, surtout en poussant le bouchon. Tu trouveras toujours des gens pour t’inciter à partir (tes potes, tes collègues qui veulent prendre ta place au bureau) et d’autres pour t’inciter à rester (ta mère, ta meuf). Quoi qu’ils disent, rappelle-leur qu’il y a une seule personne qui peut te juger et que ce n’est pas eux. Mais ne te fâche pas non plus contre eux, hein. 
 
Un dernier petit conseil ? N’aie pas peur. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise décision, il y a TA décision. Tu es majeur et vacciné, indépendant, bref, tu fais ce que tu veux. Si tu décides de venir en Israël, on sera ravis pour toi et si tu décides de rester en France, on sera aussi contents pour toi car tu auras fait le choix qui te paraissait le plus juste et le plus adapté. OK ? Alors arrête de te mettre la pression et continue à vivre normalement, c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire.

Noya

Noya

Avant, j'étais parisienne et je m'appelais Laëtitia, mais ça, c'était avant. Si je viens vivre en Israël, ce n'est pas pour le jus de mangue et la limonana, c'est parce que mon coeur et ma tête me le dictent. Et pour une fois que ces deux-là sont d'accord, je ne pouvais décemment pas laisser passer l'occasion.
Noya

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