L’alyah sur le papier c’est un peu comme un joli rêve.

Nina Blum

NINA BLUM

On pleure quand on nous remets notre fameux sésame qui nous mènera jusqu’en terre promise.
Quand on en parle on nous félicite et on croit en regardant les divers groupes Facebook qu’on trouvera sur place plein de soutien…
Mais dans la réalité… c’est la galère!

D’abord il y a l’avant départ, les problèmes de statuts, ceux qui ne sont pas israéliens, ceux qui se découvrent être israéliens sans le savoir, ceux qui ont déjà fait l’alyah une fois, sont revenus et repartent…
Les différentes questions qu’on se pose, et pour chaque question autant de réponses que de juifs dans le monde!

A l’arrivée l’aéroport, l’attente interminable et les papiers. Mais on se dit toujours, même quand on en a vraiment marre, qu’après ça, ça sera derrière nous. Erreur!

Pour ceux qui ont déjà un logement c’est un problème en moins mais ca ne règle pas tout.
Les inscriptions à l’école des enfants, la mairie, les abonnements téléphone et internet, on court partout parce que tout ça doit être fait dans un temps record!
Mais tout ça n’est rien face…au cadre!

Toute notre vie dans un container, déjà de base le principe lui même est flippant.
Chanceux sont ceux qui le reçoivent entier, car pour la plupart c’est plutôt la déconfiture, entre casse et disparition…
Une fois que le cadre est arrivé on se bat pour donner à notre nid un semblant de vivant. Beaucoup d’entre nous ont réaménagé un appart’ entier en moins de 2 semaines!

La galère de l’oulpan aussi et de ses horaires.
Comment faire pour récupérer les enfants à temps et aurais-je assez de courage pour aller me rasseoir sur une chaise de classe 5h par jour pendant 5 mois?!

 On rachète de électroménager, on se bagarre avec les livreurs qui veulent de l’argent pour t’avoir branché un câble.
Livreur qui sera venu en détente à 18h alors qu’il était censé arriver à 14… la veille!

Et puis la banque! on en parle de la banque? Où on accepte qu’on nous prélève de l’argent à chaque ligne d’opération!
Déjà qu’on râlait pour des agios…

On patauge dans la semoule si on est malade.
Avant on avait mal au dos on réglait le problème. Là on ressort sa crème qu’on a ramené dans nos bagages (avec le stock de doliprane) et on laisse tomber le rendez vous chez le kiné, parce qu’on sait pas lequel parle français, lequel appartient à nos koupat olim, et on ne parle même pas des urgences pour lesquels tu dois d’abord aller demander un courrier.
Preuve, s’il en fallait, que dans ce pays il faut oublier la notion d’urgence et faire preuve de patience en toute occasion.

On va à l’école des enfants, on comprend rien.
Ne cherchez pas à être informées mesdames, en intégrant le groupe whatsapp des mamans de la classe.
Elles s’envoient 167 messages en hébreu par jour, même google trad’ m’a posé un arrêt maladie…

Et puis la recherche du boulot…
On pourrait s’en parler de la recherche du boulot quand t’es francophone et que tu n’es pas David Tibi pour faire valoir tes droits et te créer une petite popularité par la même occasion.

Mais faire son alyah c’est comme avoir un enfant, c’est douloureux, c’est fatiguant, et t’es aussi malade les 3 premiers mois.
Mais comme avoir un enfant, si c’était à refaire tu recommencerais, parce que le bonheur que ça t’apporte te fais petit à petit oublier toutes tes galères.
Tu apprends le sens du « savlanout » dont on t’a tant parlé et tu finis presque par sourire dès que tu ne t’en sors pas en te disant que ça sera une nouvelle anecdote à raconter à ta famille restée là où t’as déjà presque plus envie de retourner.

 

Nina Blum

Nina Blum

Un peu française, un peu Suisse, beaucoup israélienne.
Un peu ola hadasha, un peu passionnée, beaucoup sioniste.
Fraîchement arrivée en israel elle prends ses stylos pour dépeindre de toutes les couleurs les sentiments que lui inspire sa nouvelle vie et l'actualité.
Nina Blum

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