Sophie Taieb
Sophie Taieb

Nous n’avons pas peur.

Depuis une semaine, nous vivons au rythme des “uuuuuuuiiii uuuuuuuiiiiiii uuuuuiiiiiiiiii boom boom boom ça y est c’est bon je peux sortir ?”, et non, je ne vous parle pas de ma vie intime.

Entre dôme de fer, les raids aériens, le nombre de terrains vagues en Israël, le nombre d’abris, et le fait que manifestement le Hamas ne sait pas viser, nous avons plus de chances de nous faire mordre par un crocodile enragé que de se prendre une roquette sur la tête.

La guerre est ailleurs, il paraît qu’elle est “psychologique”. Mais qu’est-ce qu’il y connaît à la psychologie le Hamas ? On lui a parachuté cosmo et Biba en 1992?

Alors juste pour que vous sachiez : nous n’avons pas peur.

Nous continuons à vivre, nous continuons à sortir, nous continuons à écouter de la musique à fond, nous continuons à aimer, nous allons à la plage, nous voyageons, nous sommes en vie. Et en sécurité.

Pour ceux qui s’inquiètent pour nous, sachez que nous allons bien. Nous avons rencontré nos voisins, parfois en tenue légère, nous avons appris à dormir d’un œil et à moitié habillés (comme la veille d’un départ en colo), mais nous allons bien.

Pour ceux qui nous maudissent et qui refusent à Israël le droit de se défendre : on ne peut rien pour vous. L’imbécilité et l’irrationalité qui vous poussent à nous détester, est congénitale. Nous apprenons à vivre avec puisque vous n’écoutez pas les faits, et êtes aveuglés par votre antisémitisme viscéral (oui on arrête avec l’antisionisme, ça ne prend plus).

Pour ceux qui hésitent à venir en Israël cet été : nous ne sommes personne pour vous pousser dans un sens comme dans l’autre. Mais sachez qu’à Tel Aviv, une fois les consignes de sécurité intégrées (alerte -> aller à l’abri -> entendre le boum -> attendre 10 minutes -> faire connaissance avec ses potes d’abri -> reprendre une activité normale), tout va bien.

Pour ceux qui ne connaissent pas Israël, une chose : la solidarité entre nous et l’union n’ont jamais été aussi fortes. Les chamailleries de clocher qui nous caractérisent ont laissé la place aux messages de soutien, aux prêts d’appartement, aux collectes pour les enfants, pour les soldats… C’est forts et soudés que non, nous n’avons pas peur.

Soyez prudents, où que vous soyez, et bonne semaine.

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