Sophie Taieb
SOPHIE TAIEB

Hier, coup de fil d’un ami. “Aujourd’hui, je vais apporter des glaçons à Gaza, les soldats boivent chaud, c’est con, on va les soulager, et leur apporter du froid”.

Oui, c’est le genre de conversation que l’on peut avoir depuis que le conflit à commencé. Certains rendent visite aux malades, d’autres font des colis, et enfin… il y a les chefs de projet glaçons.

Intriguée, excitée, et presque amusée par la situation, je lui demande sans trop y croire si je peux venir. Il se trouve que oui. Au fait, c’est quoi le dress code ? Nous partons à Gaza.

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Nous passons par Ashdod, aider les membres d’une association : il faut remplir 80 mini glacières préalablement rincées avec des glaçons, et ensuite charger la voiture. Nous avons chaud en haut à nous activer, et froid en bas avec l’eau glacée qui coule sur nos pieds. Nous travaillons à la chaine comme pour oublier où nous allons. Je me demande à quel moment appeler ma mère. Après tout, nous partons à Gaza.

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En prenant la route, nous passons toutes les villes que nous voyons régulièrement sur Tseva Adom: Beer Sheva, Ashqelon, Netivot.. Eshkol. A chaque fois que nous nous arrêtons, nous entendons des boums de plus en plus forts dans le ciel. Pour la première fois, on entend la guerre. Nous apercevons des fumées noires au loin. Je me demande comment l’on peut se protéger quand on est sur une base militaire, sans miklat, sans muret, sans rien. Tiens, c’est vrai, on va à Gaza.

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Nous passons des barrages. Y distribuons à chaque fois à boire, des glaçons, et des cigarettes. Si j’avais su… je m’en veux de n’avoir qu’un fond de paquet sur moi, des menthol de surcroît. La soldate à qui je les donne, elle, est ravie : “comme ça je fumerai moins et menthol, ça change”.
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Une fois le dernier point de contrôle passé, notre joyeuse équipée prend un chemin de traverse, parmi les champs. Ces mêmes champs d’où peuvent sortir des tunnels infestés de terroristes. Ces mêmes champs où les récoltes pourrissent, à cause du danger que représente toute activité agricole en ce moment. Nous ouvrons Google Maps. Nous sommes à moins d’un kilomètre de la frontière de Gaza. Je repense à toutes les prises de bec récentes sur les réseaux sociaux, avec des gens si loin de moi… et encore tellement plus loin aujourd’hui.
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Arrivée à la base. Une centaine de soldats. Jeunes, si jeunes (oui, et très beaux). Nous déchargeons nos glacières, nos boissons, et les kilos de gâteaux secs maison concoctés par la famille de l’un des volontaires. Les soldats se précipitent pour nous aider à décharger.  Nous font rentrer dans le camp. Certains dorment, certains prient, d’autres jouent aux matkot, la plupart refont le monde. Mince, on se croirait à la plage de Tel Aviv, si ce n’est la couleur du sable et les soldats qui nettoient leurs armes. Et le regard de certains d’entre eux.Nous leurs servons à boire. Rencontrons des soldats nés ici, d’autres qui ont fait leur aliya. Marseille, Toronto, Amsterdam… les soldats et soldates sont reconnaissants, chaleureux…. et tout d’un coup, un bruit. Mon tseve adom qui sonne. Surréaliste.
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De quoi parle-t-on avec des soldats à 800 mètres de gaza ? 
De tout, et surtout de rien. De leurs besoins. Cigarettes, un générateur, des t shirts. Comme une envie d’aller les chercher moi même et les apporter séance tenante.
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Retour à Tel Aviv, en passant par Ahdod et ses multiples azakot.
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Confusion des sentiments. Contente d’être rentrée, envie d’y retourner.
Une demi heure après notre départ, on déplore un blessé à la frontière.
Comme du mal à respirer…
Vous souhaitez vous engager ? Aider les soldats ? Aller dans une base comme volontaire ? Rendre visite aux soldats hospitalisés ?
Cette journée de volontariat a été encadrée par l’association : Love You My Hayalim https://www.facebook.com/groups/291016281069657/
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