Sophie Taieb
SOPHIE TAIEB
Il y a décidément quelque chose qui cloche au Nouvel Observateur ces derniers temps.  Bien évidemment, chacun peut écrire ce qu’il veut, penser ce qu’il veut, et même ne montrer que la partie des faits qui l’arrange, la presse nous en fait la démonstration tous les jours. Ce qui est plus gênant, c’est quand les auteurs d’articles sont présentés comme journalistes avec un devoir d’information, quand ce n’est pas le cas. Nous vous avons montré il y a quelques jours le petit vendeur de chez Gap qui voulait interdire les manifestations pro israéliennes, avec un exposé pompé de Wikipédia. Cette fois ci, l’article qui nous intéresse concerne un certain Renaud Fevrier.

 


 

Article de Renaud Février, journaliste au Nouvel Observateur - paru le 01/08/2014
Article de Renaud Février, journaliste au Nouvel Observateur – paru le 01/08/2014

 


 

 

Des civils, mais pas de combattants ?

Dans son article “Gaza, mais où sont les combattants du Hamas?”, il remet en cause insidieusement la “thèse” selon laquelle Israël tuerait des combattants du Hamas, puisque après tout, il existe des photos des enfants morts, mais pas de photos des “combattants” morts.
Il explique ensuite que pour des raisons de sécurité, les journalistes ne peuvent pas faire leur travail à cause des frappes israéliennes.

Alors plusieurs choses :

En temps de guerre, et surtout une guerre aussi médiatique, même le plus objectif, consciencieux, et impartial des journalistes sera, même un peu, manipulé par l’un ou l’autre camp. Israël d’un côté, le Hamas de l’autre, cherchent à orienter les papiers des journalistes, c’est “de bonne guerre”.

Néanmoins, il est maintenant admis de tous les côtés que le Hamas met une forte pression sur les journalistes quand ils sont à Gaza, avec pour objectif de faire taire certaines informations (on se souvient de ce journaliste italien qui a attendu d’être sorti de Gaza pour dédouaner Israël lors de tirs sur ue école).

Il n’y a pas besoin d’être journaliste pour se douter que les gens du Hamas n’invitent personne aux enterrements, encore moins les journalistes, puisque médiatiquement, dans leur grand cynisme, ce sont les corps d’enfants qui “font vendre” du soutien à Gaza.

Donc tergiverser sur un mode “c’est bizarre quand même”, aux relents conspirationnistes, c’est un peu dérangeant.

D’autre part, l’utilisation “sémantique ” du mot “combattant” et non de terroristes, puisqu’à preuve du contraire le Hamas est encore désigné par la France comme un mouvement terroriste relève d’un choix journalistique assez étonnant, et vous me l’accorderez extrêmement orienté.

 

Un journaliste grand public ou un militant ?

Certes.

Mais pour aller plus loin, et surtout pour comprendre, rendez-vous sur google, pour mieux comprendre qui est le journaliste.

Évidemment.

Renaud Fevrier est un militant de la cause palestinienne.


 

Blog personnel  et militant du journaliste  http://open-presse.com/
Blog personnel et militant du journaliste http://open-presse.com/

 

A nouveau, c’est très bien, et nous n’avons rien à redire sur les engagements de ce monsieur. 
Néanmoins, dans ce cas, son “article” n’est-il pas plutôt un billet d’opinion ? Je veux dire… demandez à un sioniste acharné un papier sur le conflit israélo-palestinien. Sioniste acharné que vous ne présenterez pas comme militant, mais juste comme journaliste. En prenant en compte que le Nouvel Obs (qui détient aussi rue 89) est l’un des magazines les plus lus en France. Laissez ce sioniste s’exprimer sans au préalable avertir vos lecteurs que le papier sera probablement orienté. Vous savez ce que vous venez de faire ? Vous venez ainsi de transformer de l’info en propagande.
Bravo le Nouvel Obs, cette semaine, vous êtes nos champions.

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